Il y a une chose que la pandémie n’a pas réussi à faire confiner, c’est la course effrénée aux armements. En 2020, 2,08 % du PIB mondial étaient consacrés aux dépenses mondiales d’armement, soit 1.830 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 3,9 % par rapport à 2019. Et l’Union européenne, nonobstant le chaos, voire le grand désordre vaccinal, ne veut pas rester à l’écart de ce réarmement. Ainsi a-t-on décidé de prendre plus d’engagement en armement et défense. Il ne s’agit pas de concurrencer l’OTAN, comme l’a souligné le président du Conseil de l’Union européenne Ch. Michel le 17 février 2021. Le Conseil veut se doter d’une nouvelle stratégie. Il faut adapter d’ici 2030 les outils actuels aux défis futurs et anticiper les nouvelles formes de menaces. L’argent sera disponible, on n’aura qu’à s’en servir.

Cette initiative européenne d’intervention armée se fera parallèlement au renforcement de son partenariat avec l’OTAN. Selon le secrétaire général de l’OTAN Stoltenberg, l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique ont à affronter les mêmes ennemis. Pas d’OTAN forte sans une Europe forte. L’on ne peut être plus clair sur la hiérarchie. Quant à l’autonomie de cette « force européenne », elle s’arrêtera là où commencent les intérêts de l’OTAN et surtout celles des Etats-Unis d’Amérique. Il ne faut pas jouer au plus malin, car, comme l’a fait savoir le Département d’Etat américain après les récentes attaques américaines en Syrie, « la patience américaine a des limites ».

Au sein de l’Union européenne il y a des pays réticents, dont quelques-uns trouvent l’actuelle évolution de l’Union européenne contradictoire avec son passé. Il faut en effet se rappeler que l’Union européenne était dans le temps une organisation a caractère civil et non militaire, sans oublier que même le prix Nobel de la paix lui fut attribué en 2012.

Une évolution pour le moins contradictoire !

Edouard Kutten