Avec tout ce que l‘on peut entendre, lire ou écrire sur la pandémie qui a bouleversé le monde, la tendance à l’égoïsme patriotique, à la quête à la diffusion de la vérité scientifique, et à la parano qui en découd si l’on prend en compte tous les avis contradictoires, prend le dessus dans le raisonnement de beaucoup d’entre nous.

On ne sait plus où en donner de la tête, et la seule chose qui semble véritable est le fait que la situation ne va pas en s’améliorant.

Que ce soit le fiasco de la fausse communication au début de l’épidémie sur la nécessité ou non de porter des masques, la complète désunion de l’Union européenne en terme de stratégies de tests et même en stratégies vaccinales, la pénurie de vaccins, maintenant que l’on est arrivé à un stade où les restrictions sanitaires, voire les confinements ne semblent plus être assez efficaces contre les mutants du virus, … tout prête à encore plus de confusion et à la méfiance des populations envers ceux qui essayent de nous dicter ce que nous devons faire.

Si, au début de l’épidémie, le dévouement du personnel de santé a été mis en valeur par des acclamations et des remerciements quotidiens, leur propre détresse, un an après, semble nous échapper, voire même agacer ceux qui ne comprennent pas qu’il y a parmi le personnel soignant des sujets réticents aux vaccins … comme il y en a parmi toutes les autres catégories de la population.

On peut et on devrait même blâmer les politiciens pour les erreurs de jugements (souvent guidés par des intérêts ou des préoccupations financiers). Car si l’on entend qu’en France, par exemple, la situation des lits disponibles en réanimation est tellement tendue, comme en île de France, qu’ils sont obligés de transférer des malades dans d’autres régions, et que l’on sait que dans cette même région il y a des lits de réanimations parfaitement disponibles … dans des cliniques privées … l’on doit constater que la vie humaine ne fait pas le poids par rapport à la privatisation et la gestion financièrement favorable du domaine de la santé. Il en est de même pour les sommes faramineuses qui sont englouties par les labos privés pour, en fin de compte, ne pas subvenir aux promesses des livraisons de vaccins qu’ils ont faites.

Car, au plus payant, le plus de doses. C’est ce que l’on peut appeler la mise en danger d’autrui pour des raisons purement lucratives !

Il y en a pour se mettre dans tous ses états … et tout d’abord tous ceux qui, depuis plus d’un an, travaillent jours et nuits pour essayer de sauver le maximum de vies humaines.

Dans ce contexte, je voudrais, par ce biais, les honorer, mais aussi tous ceux qui contribuent à une campagne de vaccination inédite dans notre pays. Ayant pu accompagner mon époux pour sa première vaccination à Esch/Belval, j’étais stupéfaite par le nombre de personnes qui y sont employées pour accueillir, renseigner, guider et accompagner les patients. La disponibilité et la gentillesse de ces personnes m’ont touchée et ont redonné un visage humain à la détresse psychologique que je ressens depuis le début de cette pandémie. En plus, toutes les personnes concernées ont pu se faire accompagner par un de leur proche et n’avaient ainsi pas à affronter cette épreuve toutes seules.

Cela contraste énormément avec l’expérience désastreuse que beaucoup d’entre nous ont dû faire dans des hôpitaux ou dans des maisons de retraite/soins où on était interdit de voir ou d’accompagner les proches, même jusqu’à la mort. Je ne peux qu’imaginer la détresse des victimes pour qui le deuil en est devenu d’autant plus difficile.

Alors, merci pour cette lueur d’humanité dans une crise si abstraite et pourtant si vraie, en espérant que ce dévouement ne soit pas mis en question en permanence par la défaillance de ceux qui doivent assurer la livraison de vaccins suffisants.

Christiane Kutten-Serafini

http://kutten-serafini.com