La pompe d’argent public met à disposition des politiciens des sommes pharaoniques. On oublie toutefois que cette pompe est alimentée par un recours massif à l’endettement rendu possible par des taux d’intérêts nuls, voire négatifs. D’aucuns croient que ce « miracle de l’argent gratuit » est durablement installé dans le temps.

Face à la dérive de la dette, l’idée d’effacer la dette contractée pour « surmonter » la crise, lire subventionner en premier lieu les « poids lourds » de l’économie, a circulé sous cape. Cette idée saugrenue sert hélas parfois de leurre pour amadouer les gens et faire taire les critiques.

Le fait réel est que nul n’a les moyens d’annuler les dettes publiques. Les pays qui vivent au-dessus de leurs moyens grâce à ce système d’endettement ne pourront retrouver leur souveraineté qu’après avoir enfin repris le contrôle de leurs dépenses publiques.

Mais même en haut lieu politique européen il n’est pas question en ce moment de discipline budgétaire. Au niveau européen l’on discutera au plus tôt en 2023 de l’application d’une telle discipline. Il est à craindre qu’elle se fasse sur le dos des contribuables.

D’ici là on continuera à profiter de la politique des « taux négatifs » ce qui fait qu’au fond, théoriquement, on gagne de l’argent en s’endettant. La BCE, par la voix de Christine Lagarde, a promis d’augmenter les rachats de dettes pour rassurer les financiers face à la montée des taux d’intérêts. Ces rachats font partie des mesures d’intensification du dernier plan d’urgence de la BCE.

Une mesure d’urgence en plus, qui toutefois ne saurait faire oublier que c’est la mauvaise gestion de la crise dans certains pays (et pas les moindres) qui a fait dérailler la trajectoire de la dette publique !

Edouard Kutten