Il s’agit de celle dont on ne parle guère, mais qui aura des effets « longue durée ». Les dommages collatéraux provoqués par la gestion de la pandémie ne font que s’accentuer.

L’accès aux soins a en effet été restreint, surtout dans différents secteurs de la santé publique. La plupart des pays de l’Union européenne sont d’ailleurs touchés par ce phénomène. Au Luxembourg, par exemple, en 2020  10 % des interventions chirurgicales prévues au service d’oncologie n’ont pas eu lieu. Il faut savoir qu’avec plus de mille décès par an dus au cancer, la lutte contre celui-ci est un enjeu majeur de la santé publique.

En 2021 la situation a empiré, en Ile-de-France 80 % des intervention chirurgicales ont été déprogrammées fin mars 2021. Le nombre de diagnostics sans suites s’accroît, avec tous les dangers que cela comporte pour les patients. Le syndrome dépressif, qui a déjà fait son apparition après le premier confinement, est toujours mal suivi, il en est de même pour la schizophrénie où l’on est confronté à un retard considérable des prises en charge.

L’on est aussi mal préparé à ces maladies qu’on l’était face au coronavirus. Il faut hélas constater qu’entre les différentes vagues il n’y a pas eu d’augmentation pérenne de lits de réanimation. Le service santé publique est sursaturé et bientôt il faudra faire un tri des patients pouvant recourir aux soins en réanimation.

Or cet état des lieux désolant, dans quelque pays que ce soit, est la conséquence d’une politique sanitaire à deux vitesses, une pour le secteur public et une pour le secteur privé. L. Ghabi (président de la Fédération française de l’hospitalisation privée) le confirme en faisant savoir le 18 mars 2021 que l’hôpital privé pourrait rouvrir 4.000 lits de réanimation en France s’il le fallait !

Mais chaque chose a son prix, même une collaboration sur le plan sanitaire entre le public et le privé en pleine crise sanitaire.

Les belles paroles de solidarité et « un engem Strang zéien », c’est seulement pour le journal télévisé. Sur le terrain, la réalité en est une autre !

Edouard Kutten

http://kutten-serafini.com