Alors que les milliards d’euros étaient déjà prêts pour relancer le « plan Marshall » de l’Union européenne après la crise sanitaire, voilà qu’au dernier moment un écueil juridique imprévu vient de tout remettre en question.

En effet, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a suspendu la ratification de ce plan de relance de 750 milliards d’euros, basé sur le principe de la mutualisation de la dette, car ce serait pour la 3ème fois que l’Allemagne suspendrait ses règles constitutionnelles de rigueur budgétaire.

Ainsi la machinerie du surendettement est enrayée et paralyse tout un « plan de relance » basé sur l’endettement des Etats. Pour 2021 la dette publique dans « la zone euro » va s’accroître et l’on prévoit qu’elle correspondra au moins à 102 % du PIB. Mais apparemment pour la majorité des ministres des finances il faut profiter de « l’argent facile » aussi longtemps que possible. Pour eux le désendettement n’est pas prioritaire.

Une mutualisation de l’endettement des Etats ne peut à la longue être une garantie à une vraie relance économique. Ce surendettement profite surtout aux « gros calibres » de l’Union européenne dont certains vivent au-dessus de leurs moyens. Ce n’est donc pas par hasard qu’on attend la ratification du plan de relance de la part de l’Allemagne, de l’Estonie, Pologne, Hongrie, Autriche, Finlande, Pays-Bas et Irlande qui se montrent tous sceptiques.

Mais J. Hahn (Commissaire européen du budget) veut l’accord pour « l’emprunt du siècle » au plus tard pour le 1er juin 2021. Les tractations secrètes vont déjà bon train, ce n’est pas le moment d’échouer sur un écueil juridique.

L’endettement sans précédent de l’Union européenne ne peut plus attendre !

Edouard Kutten