Les milliards de liquidités apportés par les banques centrales pour soutenir l’économie pendant et après la pandémie du coronavirus ont déclenché par endroit une euphorie bancaire. Cette flambée n’est pas restée sans conséquences sur le marché immobilier où l’on assiste à un gonflement des prix. Le marché des actions et des bitcoins connaît des moments « magiques ». Ainsi le marché mondial des actions a une valeur correspondant à 140 % par rapport au PIB mondial. Du jamais vu !

Ces bulles financières, pouvant éclater à tout moment, commencent à inquiéter. La BCE, par exemple, a alerté sur un risque « systématique » de faillites. Rien qu’en France, selon la BCE, 127.000 entreprises pourraient se retrouver en faillite d’ici 2022.

Il est étonnant de constater que, malgré la pandémie, les dépenses militaires ont augmenté. Selon la SIPRI, 2.000 milliards de dollars furent dépensés pour l’armement en 2020. Les Etats-Unis d’Amérique ont le plus important budget militaire avec 778 milliards de dollars. En 2020, 12 pays membres de l’OTAN ont consacré au moins 2 % de leur PIB à leur armement, objectif fixé par l’OTAN. En 2019 ils n’étaient que 9 à respecter les exigences de l’OTAN. Il y a d’autres priorités apparemment que la lutte contre la Covid-19.

Une autre caractéristique de la période de pandémie est le fait que beaucoup de lois, voire de règlements, ont été votés en toute hâte. Une urgence qui était d’ailleurs souvent voulu par les législateurs. Officiellement on a attribué à ces « lois pandémie » un caractère temporaire. Mais ceci est un leurre. Car dans le sécuritaire, le sanitaire, l’enseignement et le social, le temporaire risque de se faire durable.

Ce n’est donc pas un hasard si la FGTB en Belgique et l’OGBL au Luxembourg, par exemple, demandent au plus vite le retour à une vraie négociation salariale. La loi de compétitivité d’un côté et un Etat d’urgence de l’autre ne sont pas des garants des droits sociaux !

Edouard Kutten