La liberté de la personne est inviolable, on retrouve ce droit dans maintes constitutions, comme par exemple dans la constitution allemande : « Die Freiheit der Person ist unverletzlich » (Grundgesetz, Artikel 2, Absatz 2, Satz a). Mais cela n’a pas empêché que pendant la pandémie ce droit n’a pas toujours été respecté, surtout concernant les personnes âgées, et ceci dans beaucoup de pays de l’Union européenne, le Luxembourg inclus.

L’institution « Défenseurs des droits » a dénoncé par exemple en France des centaines de graves atteintes à la liberté, avant tout en maison de retraite, durant la crise sanitaire. Ainsi, même pour les vaccinés l’interdiction de sortie fut maintenue dans bon nombre d’établissements. Selon « l’Institution des droits fondamentaux », les droits fondamentaux des personnes âgées en Ehpad ne sont pas respectés.

A la privation de libertés s’est ajouté souvent un dysfonctionnement dans l’accompagnement en maison de retraite, faute de personnel. Ce phénomène est symptomatique pour le secteur public. Le droit de consentement des personnes concernées n’est que rarement respecté. Les parloirs installés en toute hâte par endroits rappellent les parloirs de prison. L’accompagnement en fin de vie est quasi inexistant dans beaucoup de maisons de retraite. Toutes ces restrictions sont laissées à la seule appréciation des directions. Les privilèges n’existent que dans des établissements onéreux 4 étoiles. Ces entraves sont connues depuis le 1er confinement, mais rien n’a été fait pour y remédier, elles continuent à perdurer. La raison réside dans le fait que l’on n’a pas changé, en haut lieu, de regard sur le grand âge qui se retrouve fragilisé, mis sous tutelle et démuni.

Il s’agit d’un constat que l’on peut faire dans trop de pays. On est confronté à un enjeu sociétal, les atteintes à la dignité des personnes âgées disent long sur cette société et sa manière de se projeter dans l’avenir.

N’empêche que le nombre de personnes âgées augmentera par rapport à la population globale, en France l’on comptera par exemple en 2060 73 millions d’habitants, dont 24 millions de plus de 60 ans.

Il faut dès à présent considérer toute la population du « troisième âge » comme partie intégrante de la société et ne pas la mettre sur une voie de garage dès la retraite. C’est une question de droit fondamental !

Edouard Kutten