L’élément politique a toujours eu son influence sur la société. Il n’en est pas autrement aujourd’hui. Au sein de l’Union européenne des 27 une majorité de droite gouverne dans 21 pays. Le gouvernement du Danemark, tout en étant dirigé par les sociaux-démocrates, fait pour des raisons « stratégiques » une politique de droite, sa politique d’immigration restrictive, préconisée par le DF, parti d’extrême droite, en est la meilleure preuve.

L’alliance de la droite conventionnelle avec l’extrême droite est devenue courante, un « political agreement » qu’on peut constater en Italie, Espagne, Autriche et Pologne. On doit hélas constater que dans quelques pays de l’Union européenne la séparation du politique et du religieux n’est plus respectée, ouvrant par-là la voie à des régimes autoritaires. La Pologne, où le droit à l’avortement par exemple estremis en cause, en est un exemple typique.

On ne peut nier que la sécurité soit devenue un enjeu « politicien ». La droite au niveau européen se rapproche de plus en plus des exigences extrémistes. Cette « hystérie » de sécurité se reflète dans la mise en cause de droits fondamentaux, tels que droit de manifestation, liberté d’expression et d’opinion, etc.

Ainsi en France, pour raisons de sécurité, toute manifestation pro-palestinienne avait été interdite par le préfet de Paris. Le Conseil de l’Union européenne se plaît, comme à son habitude, dans sa politique d’attente face aux dérapages de Netanyahou qui préfère l’état de conflit latent à une paix durable. J. Asselborn a été le seul ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne (cf. Humanité 17.05.2021) à critiquer la politique réactionnaire de Netanyahou et de ses alliés extrémistes pour qui la loi du talion, œil pour œil, dent pout dent, est toujours en vigueur. Ils ne sont pas sortis de l’ère de l’Ancien Testament et sont assurés du soutien de J. Biden. D’ailleurs B. Sanders, sénateur démocrate, a divisé son parti en proclamant : « Nous devons reconnaître que les droits des Palestiniens sont importants ».

Quant à la justice, tout en se disant indépendante, il faut constater que dans quelques pays elle n’est pas autonome. Très souvent elle se trouve placée sous tutelle financière. Il va de soi qu’à la longue la justice finira par perdre son indépendance dans ces conditions.

Cette droitisation de la politique a laissé ses traces dans la société. Quelques sondages parmi les jeunes sont révélateurs, sachant qu’ils sont le plus exposés à une politique médiatique qui en majorité n’est pas de gauche. La droitisation de la jeunesse progresse donc au niveau européen. En France, Italie, Allemagne et Grande-Bretagne 41 % des 18-24 ans et des 25-34 ans se positionnent à droite. Autour de 20 % ne se positionnent pas du tout, préférant s’abstenir. Ce n’est pas un hasard que les abstentions dans les pays où il n’y a pas obligation de vote vont crescendo.

Les colères sociales sont de plus en plus fréquentes en Union européenne. En l’absence de réponses de la part de la droite, face à ses colères, l’Union européenne se trouve confrontée, bien que l’on ne veuille pas l’accepter, à un « séisme politico-social ».

Pour la gauche il faut arrêter de se contenter de limiter la casse, il faut se raviver et « appeler un chat un chat ». D. Reynié, directeur général de la Fondapol, a été très clair : «  Que la gauche mondiale ou européenne cite J. Biden comme référence, est presque le signal d’une fin » !

Il est grand temps de redresser la barre !