Sur les routes c’est de nouveau l’enfer, les terrasses des cafés et des restaurants sont bondées et les croisières « s’amusent » presque comme avant ; serait-ce le signe précurseur tant attendu de la fin de la crise sanitaire ?

On voit « le bout du tunnel », voilà le slogan politique du moment ! Ce n’est pourtant pas par là que les inégalités sociétales, qui n’ont fait que s’accroître pendant la pandémie, disparaîtront d’un coup.

En effet, la sociologie de la pauvreté a changé en 2 ans. L’Italie vient d’en livrer la preuve. Mario Draghi a déclenché par sa politique d’austérité, applaudie par la Commission européenne, une explosion du taux de pauvreté à laquelle n’a pas échappé la population dans le Nord du pays, réputée pour son bien-être. Pourtant on y trouve entretemps 2 millions de familles, c’est-à-dire 5,6 millions de personnes, qui ont des problèmes financiers pour acheter les produits de première nécessité à la vie. Draghi a fait son choix, priorité à la privatisation et à la relance sélective dans les différents secteurs de l’économie.

Cette politique a conduit à une embellie momentanée de l’économie, non seulement en Italie, mais dans une grande partie de l’Union européenne. Partout l’on mise sur une plus grande privatisation de certains secteurs publics, comme le sanitaire, l’administration, le scolaire, etc. avec l’argumentation qu’elle permettra une relance plus rapide de l’économie. En réalité, l’on se sert de l’occasion offerte pour « alléger » financièrement les services publics.

Cette embellie obtenue « au va vite » sera-t-elle le garant d’une croissance durable ? Il suffit apparemment de trouver le bon équilibre entre les dépenses prioritaires et secondaires. La France, l’Espagne et l’Allemagne, qui se sont longtemps chamaillées sur la distribution des vaccins, ont trouvé au mois de mai 2021 un accord pour financier le futur avion de chasse « made in Europe ». Le budget prévisionnel (2021-2022) de la phase d’études détaillées est fixé à 3,5 milliards d’euros (cf. Figaro-éco, 28.05.2021).

La relance n’est qu’une question de priorités et d’équilibre !

Alors que d’aucuns n’en finissent pas de fanfaronner la fin de la pandémie et la nouvelle « relance après-Covid », l’OCDE se montre très prudente. En effet, les inégalités de la vaccination dans les pays émergents auront des effets tardifs aussi bien sociétaux qu’économiques. La situation dans ces pays est préoccupante, or « sans » ces pays vaccinés, il n’y aura pas de fin de la crise au niveau mondial.

Il faut agir et ne pas se contenter de conférencer sur le sujet. « Une embellie sélective » est un leurre !

Edouard Kutten