Se contenter de faire du taux d’abstention exceptionnel (65,3 %) lors des élections départementales et régionales en France un problème qui ne concerne que « la grande nation », est vouloir passer exprès à côté du vrai problème.

Cet abstentionnisme est la preuve d’une défiance, voire méfiance qui vont en s’accroissant. Même dans les pays où il y a l’obligation de vote, l’on constate que les non-votants deviennent de plus en plus nombreux, les bulletins blancs, voire nuls font de même.

Ce sont les signes d’une vraie crise démocratique. Le dialogue avec les politiques est rompu, ceux-ci sont devenus pour beaucoup d’électeurs des abstractions.

L’abstentionnisme est un signal d’alarme que les politiciens ne veulent pas entendre. Une statistique sur les abstentionnistes en France a montré à quel point la société est tranchée. L’on compta lors des régionales et départementales 87 % d’abstentionnistes parmi la tranche d’âge 18-24, 83 % pour les 25-34, 72 % pour les 25-49, 68 % pour les 50-59 et 56 % pour les 60-69, etc.

On ne peut pas prétendre que c’est l’affaire de quelques groupuscules qui boudent. Il s’agit d’un profond malaise sociétal, même si les représentants et profiteurs de la politique politicienne ne veulent pas le reconnaître … et pour cause. Ils bénéficient d’un système qui fait d’un vote « dévalorisé » un droit acquis au pouvoir.

L’abstention, ainsi que les bulletins blancs et nuls, sont le signe d’une constatation d’impuissance. Il y a manifestement une aspiration à une démocratie plus participative. Une vraie démocratie ne peut se résumer au simple droit de vote, ce serait un leurre !

Edouard Kutten