Alors que dans les pays développés la discussion tourne en grande partie autour de l’utilité d’une 3ème dose de vaccin contre le Covid 19, le FMI s’inquiète des conséquences économiques, sociales et sanitaires qu’entraîneront inéluctablement les disparités mondiales face aux sérums. Dans son dernier rapport, le FMI constate que les lenteurs de vaccination accentueront les écarts de croissance économique entre pays riches, développés et pays pauvres. Selon l’OMS il faut remédier au plus vite aux inégalités de l’accès aux vaccins. Sans une immunité collective au niveau mondial, le Covid 19 risque de devenir une « maladie endémique » avec laquelle il faudra apprendre à vivre.

L’on constate une superposition de la fracture sanitaire et de la fracture sociale qui est à la base des inégalités d’accès aux vaccins. Un phénomène ! Ce phénomène existe même dans les pays développés, il suffit de voir les disparités en vaccination selon les quartiers à Marseille, Paris, Londres ou New York. La fracture sociale se reflète dans la fracture sanitaire.

La France a investi plus d’argent dans les essais nucléaires en Polynésie que dans les infrastructures sanitaires de ses départements d’outre-mer. Ce qui explique qu’aux Antilles les hôpitaux publics sont de nouveau débordés. Le système sanitaire y est au bord de la rupture.

40 % de la population sont, selon l’OMS vaccinés dans les pays développés, contre 20 % à peine dans les pays émergents et un infirme pourcentage dans les pays à faible revenu. Les disparités déjà existantes ne feront que s’accroître.

Au lieu de programmer une 3ème dose de vaccination dans les pays riches, il faudrait tout mettre en œuvre pour que l’accès à la vaccination pour tous se fasse partout et au plus vite.

Pour le moment la société occidentale « bien portante » ne se sent pas concernée, elle préfère vivre sur des montagnes russes, accumulant illusions et désillusions !

Edouard Kutten