Le temps du « quoi qu’il en coûte » est terminé, selon l’économiste P. Arthus. Selon lui il faudra réformer les retraites si certains pays veulent réduire le déficit budgétaire. On oublie que l’exemption du payement des taxes sociales allouée aux entreprises est une des principales causes de la situation désastreuses des caisses sociales. Ce n’est pas un hasard si Artus sert actuellement de référence dans les milieux politiques pour qui les réformes dans le domaine social signifient la coupe, la casse de certains acquis sociaux. Le prétexte est partout le même, à la fin de la pandémie il va falloir recommencer à aller avec le temps.

Il faudra s’adapter aux nouveaux défis en attendant que le robinet des aides aux entreprises se ferme. D’ici-là certaines entreprises « triées sur le volet » continueront à bénéficier d’un dernier effort financier de l’Etat. Pour les salariés il s’agira de « retrousser les manches ». Aller travailler plus longtemps pour moins de pension.

Ceci est pour les économistes une réponse à la compétitivité perdue pendant la pandémie. Si l’on veut être une puissance économique, il n’y a apparemment pas d’autre choix que la flexibilisation de l’organisation du travail et une réforme du droit social aux dépens des salariés.

L’OIT (Organisation internationale du travail) vient de rappeler qu’il y a encore plus de 4 milliards de personnes sans aucune protection sociale et les disparités sociales ne font qu’accroître. Ce n’est donc pas le moment de brader le social !

Edouard Kutten