Il y a incontestablement eu un appauvrissement d’une partie de la population pendant la pandémie. Les traces remontent au premier confinement, et ce n’est pas un constat limité à quelques pays. Les disparités sociales n’ont fait que grandir. Quelques études menées dans divers pays de l’Union européenne le montrent clairement. Ainsi a-t-il été constaté en Hauts-de-France, par exemple, que 25 % des habitants se sont appauvris rien que pendant le premier confinement.

La reprise économique, entraînant une inflation cachée, met à nu la précarité des bas salaires. Les écarts de salaires s’agrandissent. Les petites « hausses » du salaire minimum par-ci et par-là ne changent pas la donne. Ce n’est même pas un vrai rattrapage de l’inflation. Il devient de plus en plus difficile dans quelques pays de l’Union européenne de pouvoir vivre dignement de son salaire pour les classes défavorisées.

Or le social n’est pas la priorité dans « l’Union européenne de la relance économique ». Le discours d’Ursula von der Leyen sur l’état de l’Union européenne, à la date du 15 septembre 2021, l’a clairement montré. Pour von der Leyen la priorité actuelle est le financement des armées. L’objectif déclaré est une autonomie stratégique de l’Europe, sous surveillance de Washington bien évidemment. Il s’agit de financer des missions militaires où les NationsUnis et l’OTAN ne seraient pas présentes, mais où l’Union européenne devrait être sur le terrain pour défendre « ses » intérêts. 24,5 milliards d’euros sont déjà disponibles pour couvrir les « frais » des 6 prochaines années !
En ce qui concerne la crise sanitaire, il n’est pas question pour l’Union européenne de lever les brevets des vaccins et de développer les capacités de production dans les pays du Sud. Le G20 d’ailleurs n’envisage que la vaccination de 40 % de la population mondiale d’ici fin de l’année. Ce n’est pas seulement un drame sanitaire, mais aussi social pour les pays délaissés, car sanitaire et social vont de pair.

Quoiqu’il en soit, le social n’est pas prioritaire pour l’Union européenne d’Ursula von der Leyen, et ça c’est un drame politique !

Edouard Kutten