La Grande-Bretagne reste pour la majorité des migrants clandestins « le pays des merveilles », alors que son taux de pauvreté ne cesse de s’accroître. Des millions n’arrivent plus à gagner 60 % du revenu médian par ménage, qui constitue le seuil de pauvreté. C’est l’économie de l’ombre qui attire les migrants, le marché gris et le marché noir sont toujours à court de main d’œuvre.

Depuis 2018 le business des passeurs de migrants vers la Grande-Bretagne à partir de la Belgique, des Pays-Bas et surtout de la France ne fait que « boomer », malgré la pandémie. Un trafic international qui rapporte gros, 10.000 livres (11.740 euros) le billet par adulte et 9.000 livres (10.500 euros) par enfant avec un « emploi au noir » garanti. Grâce à ce système de recrutement, « l’économie de l’ombre » se porte comme un charme.

Dans l’Union européenne le travail au noir a augmenté en flèche depuis 2020. L’occupation illégale a pris des proportions inquiétantes. Les grandes puissances économiques de l’Union européenne n’y échappent pas non plus. Ainsi le FSK (Finanzkontrolle Schwarzarbeit) a noté en Allemagne, rien que pour 2020, une perte financière pour le fisc et les assurances sociales de 816,5 millions d’euros (cf. Spiegel, 29/2021). On est confronté à une « économie de l’ombre » qui a su profiter de la pandémie.

Il devient de plus en plus évident que bon nombre des subventions allouées aux entreprises au sein de l’Union européenne ont été mal employées. En France, par exemple, les aides à l’emploi n’ont pas toujours servi à payer les salaires. L’activité partielle a souvent servi à toutes sortes de magouilles. Le trou béant des assurances sociales n’est pas un hasard.

Prendre l’argent public, sous forme de subventions, est une chose, payer ses factures est une autre affaire. Il y a de plus en plus d’entreprises qui rechignent à payer les factures, alors qu’elles ont déjà profité de délais de payement favorables. Ce ne sont pas les PME qui sont les fraudeurs, mais les grandes entreprises dont quelques-unes font partie du gotha du CAC40. Certaines font à leur guise sachant que rien ne leur arrivera. Être classé mauvais payant ne chagrinera pas les actionnaires au moment de toucher leurs dividendes.

La pandémie de Covid-19 a mis à nu les failles du système éco-politique actuel. Aussi bien les principes démocratiques que le respect des droits sociaux ont été mis à rude épreuve. Il faut mettre fin à l’érosion de ces valeurs.

La cohésion sociale doit être une des priorités futures. Sans elle il n’y aura pas d’avenir pour l’entrepreneuriat social dans l’économie de l’Union européenne !

Edouard Kutten