Deux jours après la publication des « Pandora Papers » les ministres de l’Economie et des Finances de l’Union européenne ont allégé la liste noire des paradis fiscaux en y retirant notamment la Dominique, les Seychelles et l’Anguilla. Cette liste sert officiellement à montrer que partout dans le monde, grâce à l’engagement des autorités de l’Union européenne, le blanchiment et l’évasion fiscale sont en voie de disparition.

Or 29.000 « sociétés offshore » ont été répertoriées dans les « Pandora Papers », ainsi que 14 sociétés de services financiers. Les capitaux investis dans des comptes bancaires « offshore » représentent 10,4 % du PIB (Produit Intérieur Brut) mondial.

Certains paradis fiscaux notoires mentionnés dans les « Pandora Papers » ne figurent nulle part dans la liste noire européenne. L’eurodéputé P. Tang, président de la sous-commission sur les questions fiscales, avoue (cf. Figaro-éco, 06.10.2021) que les critères de la liste noire européenne sont « complètement inadaptés ».

Or cet état des choses ne date pas d’aujourd’hui. Mais jusqu’à présent on a bien pu faire avec. Pas question dans l’immédiat de nouveaux critères, voire de mesures dissuasives.

Ceci n’est pas fait pour rétablir la confiance dans la finance internationale. Pour Oxfam, par exemple, la liste noire de l’Union européenne est une « plaisanterie ». Certes, mais coûteuse !

Edouard Kutten