2050 est devenu la date clef pour les grandes entreprises à travers le monde dans leurs engagements pour atteindre la neutralité carbone. 2.000 sociétés s’y seraient engagées, selon WWF. De quoi se réjouir !

Or les compagnies pétrolières, tout en affirmant être « neutres » en 2050, prévoient néanmoins d’augmenter leur productivité d’hydrocarbures d’ici 2030.

C’est pourtant en 2021 qu’il faudrait arrêter d’investir dans de nouveaux champs pétroliers et gaziers. Prendre 2050 comme date de référence n’engage au fond à rien de concret. Aucun dirigeant de société ne saura être tenu à respecter en 2040 des engagements pris en 2021. Il ne faut pas oublier dans ce contexte que c’est l’actionnariat qui pèsera sur les décisions à prendre.

Pour mettre la pression et garder le contrôle, il faut fixer des objectifs à court et moyen terme, c’est-à-dire 2025 voire 2030. Très souvent les compagnies pétrolières ne prennent en compte que leurs propres émissions en « oubliant » celles des utilisateurs de leurs produits ce qui fausse les prévisions.

Sachant qu’on aura toujours besoin d’énergie, le lobby nucléaire met la pression. Il veut avoir sa part du « gâteau écologique ». La France a déjà mis à disposition des milliards d’euros pour le « nucléaire vert ». Quant aux déchets nucléaires, on verra plus tard … .

L’horizon 2050 en tout cas s’annonce moins rayonnant que prévu !

Edouard Kutten