Le dumping social ne finit pas de croître aux dépens des salariés détachés à travers l’Union européenne. C’est devenu par endroit une pratique toujours plus organisée. Ce n’est pas un petit délit, mais ce sont des fraudes touchant les structures très vastes du détachement salarial. Des travailleurs non européens sont impliqués. Or la riposte internationale se fait attendre. Au sein de l’Union européenne les opinions divergent sur les mesures à prendre. Pourtant le bilan des fraudes est impressionnant à l’intérieur de ce mécanisme de détachement de salariés. Celui-ci permet à un travailleur résidant d’un Etat de l’Union européenne de venir travailler temporairement, maximum 2 ans, pour une autre société que celle qui l’emploie dans un autre Etat de l’Union européenne. Les grandes sociétés sont toujours « preneurs » étant donné qu’elles manquent souvent de main d’œuvre à faible qualification.

Au fond il n’y a rien à redire, à part le fait que d’aucuns tirent profit de cette situation. Le travailleur n’est pas vraiment détaché, il n’est pas payé selon le barème légal et les cotisations sociales ne sont pas virées dans le pays d’origine. Il y a des filières internationales qui sont venues s’installer dans l’Union européenne. Un pays de l’Union européenne à la législation très souple se trouve toujours pour délivrer un permis de travail avant que le salarié soit détaché vers s’autres pays de l’Union européenne. La « filière brésilienne », par exemple passe par le Portugal.

En 2018 l’on comptait, selon la FGTB, 1,9 millions de travailleurs détachés dans l’Union européenne, en 2019 leur nombre se chiffrait à 3 millions. Cette « explosion » montre à quel point le dumping social est « attrayant » pour qui sait en tirer profit.

Les moyens mis à disposition par l’Union européenne pour combattre ce fléau sont insuffisants. Manque d’intérêt ou pénurie budgétaire ? Va savoir … !

Edouard Kutten