Les carences du système de santé publique dans maints pays de l’Union européenne n’ont pas disparu pendant le « temps mort » entre la 3e et la 4e vague du Covid-19. Les imputer à la crise-Covid était une fausse excuse, car en réalité ces insuffisances sont d’ordre infrastructurel. C’est la conséquence d’une politique d’austérité pratiquée à son égard. L’accès aux soins est devenu de plus en plus inégalitaire.

Les hôpitaux publics sont à bout de souffle, la liste des interventions en attente s’allonge. Les fermetures de lits se multiplient rendant la situation sanitaire dans le public désastreuse. On a « oublié » d’investir avant et pendant la pandémie. Le moral du personnel est au plus bas, car pour quelqu’un qui prend son métier au sérieux, il n’y a rien de pire que d’avoir le sentiment de ne pas bien pouvoir soigner.

C’est un constat médical révoltant que l’on doit faire dans de plus en plus de pays de l’Union européenne. En effet, les obèses ou les malades psy, par exemple, risquent de ne plus recevoir les soins adéquats. En rejeter la faute au surmenage dû à la lutte anti-Covid est une excuse non valable. Préjugés et discriminations à l’égard de ces malades sont « tolérés ». La neutralité vis-à-vis des patients n’est plus partout respectée. La pratique du tri l’a bien démontrée.

Les hôpitaux publics étaient-ils seulement saturés en 2020 à cause du Covid 19 ou plutôt à cause d’une infrastructure désuète et un manque structurel de personnel dû à une calamiteuse politique d’investissement basée sur le « moindre coût » … ? Car un lit non occupé en attente ne rapporte rien.

Différents gouvernements ont en outre fait appel en urgence à des grands cabinets de consultance pour les aider dans la gestion opérationnelle de la pandémie. Il va sans dire que ces « consulting firmes » fonctionnent selon les critères de l’économie du profit. La Belgique a officiellement reconnu avoir eu recours à ce genre de cabinets. Ce soutien logistique a coûté plus de 10 millions d’euros (cf. Le Soir, 04.11.2021) aux contribuables. Mais cela ne désengage en aucun cas la responsabilité politique des gouvernements concernés.

L’on doit hélas constater une mise en question du caractère universel et solidaire de la santé publique en ces temps de pandémie. A croire que certains n’attendaient que ce prétexte pour s’en prendre au système de sécurité sociale en général !

Edouard Kutten