Appeler les pays pauvres du Sud des « fabriques à virus » et les rendre responsables de la continuation de l’épidémie Covid-19, n’est non seulement une insulte, mais aussi la preuve d’une méconnaissance des faits réels.

Il y a 100.000 morts par jour provoqués par la pandémie dont on ne parle guère, l’on préfère se contenter de commenter les « bilans nationaux » des pays riches. Selon l’OMS  3,2 millions de personnes sont mortes depuis le début de la pandémie et la plupart d’entre elles dans des pays où l’accès aux vaccins n’est pas possible pour tous. L’Afrique est la principale victime de cette politique égoïste pratiquée par les pays riches. « The Economist » craint que la couverture vaccinale en Afrique ne soit pas atteinte avant fin 2023.

Le Tchad compte 0,4 % de vaccinés, le Sénégal 5,4 %, par exemple, selon les statistiques officielles de l’OMS. La présence militaire au Sahel est cependant assurée par les troupes françaises de Barkane, car les pays du Sahel restent stratégiquement intéressants. La présence sanitaire par contre est absente.

La levée des brevets sur les vaccins est la condition primordiale pour rendre les vaccins accessibles à tous. Ceci n’est pas acceptable pour les milieux économiques de la globalisation, car cela poserait une question sociétale d’ordre mondial. De quel droit des groupes privés en effet disposent-ils de la gestion de biens aussi essentiels que la terre, l’eau, l’énergie et les médicaments ! La pratique de cette politique d’accaparement va au détriment du plus grand nombre. La crise sanitaire a fait revivre ce besoin de propriété collective !

L’on ne veut pas avouer que les vaccins sont issus de 20 ans de recherche publique. Les Etats-Unis d’Amérique s’en souviennent et ont obligé Moderna de partager la copropriété du brevet avec l’Agence publique américaine (cf. Humanité, 02.12.2021).

En Europe l’on se concentre sur la reprise économique. Il faut éviter que les investisseurs, spéculateurs et actionnaires s’alertent inutilement, car cela aurait des répercussions sur la Bourse. Les analystes d’économie n’en finissent pas de recalculer la croissance pour 2022.

Ce n’est pas le nouveau variant Omicron qui gâchera Noël. On se dit paré à tout.

Ce bluff politicien ne change rien au fait qu’aussi longtemps que la population au niveau mondial n’aura pas eu accès aux vaccins, les pandémies et les vagues de contamination continueront à se suivre !
Edouard Kutten