La visite de O. Scholz à Paris n’était pas seulement une visite de politesse. Il s’agissait de sonder les points communs entre l’Allemagne et la France face à l’immense chantier qui attend les responsables de l’Union européenne dès janvier 2022.

Le dossier sur un salaire minimum au sein de l’Union européenne n’avance pas. 21 pays de l’Union européenne seulement ont un salaire minimum, mais les différences sont énormes. La Roumanie ferme la marche avec 311 euros, au Luxembourg le salaire social minimum brut tourne autour de 2.200 euros. 6 pays ne pratiquent pas la politique du salaire minimum, comme l’Autriche, Chypre, le Danemark, la Finlande, l’Italie et la Suède. L’on va donc se borner à encourager les négociations et tenter éventuellement d’améliorer les convergences.

De toute évidence, le problème social n’a jamais été une priorité. L’on a fait de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité. L’une des premières mesures devrait être de colmater la « fuite de carbone ». Celle-ci consiste à importer des produits polluants de l’étranger, de pays non membres de l’Union européenne. Une autre pratique est celle de la délocalisation qui permet d’échapper à des mesures environnementales trop strictes. Il va sans dire que ce n’est pas aux petites entreprises qu’il faudra s’attaquer pour mettre fin à ces pratiques.

Les discussions sur une réforme des critères de Maastricht sont menées de préférence en coulisse. En 2022 les critères de Maastricht concernant la politique budgétaire auraient dû être réintroduits. A cause de la pandémie ils ont été suspendus jusqu’en 2023. Ainsi la majorité des 27 continuera à soutenir les économies par la dépense publique, au plus grand bonheur des spéculateurs et des investisseurs du CAC40 et Co. A défaut d’un consensus pour réviser les critères de Maastricht, l’on compte sur la relance commune via le fonds « Next Generation » jusqu’à …

Ce n’est pas en 2022 que l’on réussira à mettre fin à ce chantier !

Edouard Kutten