Oh que c’est gentil ! Oh que c’est attendrissant ! Les participants de la Marche Blanche ont distribué du vin chaud ! Et voilà qu’on acclame leur bienveillance et leur bonne foi !

Peu importe finalement que ces gens, en s’assemblant sans masque ni distanciation, fassent office de parfaits vecteurs potentiels d’un virus mortel ! Peu importe, bien entendu, qu’au lendemain d’une situation comportant une chance très élevée de s’infecter, ces braves manifestants risquent de transmettre le covid fraîchement attrapé à leurs concitoyens ! Applaudissons-les seulement de n’avoir pas mis à feu et à sang notre capitale !

Dans le même esprit, des interrogations justifiées peuvent être soulevées quant au bien-fondé des maints accents mis sur la présence d’une « majorité pacifique » parmi les protestataires des manifestations débordées des samedis passés. Ainsi s’impose la question de savoir ce qu’il y a de « pacifique » à détecter dans le fait d’occuper des rues et des boulevards entiers, dans un bruit tapageur, de manière à entraver la liberté de circuler des personnes âgées ou à mobilité réduite …

Si, certes, des contestataires renonçant au vandalisme et à la souillure des monuments nationaux sont préférables à ceux qui s’adonnent à ces crimes, l’envahissement régulier de l’espace urbain n’en est pas moins encombrant pour les visiteurs de la ville haute et nocif au commerce.

La création d’un secteur limité pour défiler, rouspéter et afficher ses idées (saugrenues) est opportune, mais n’oublions pas non plus l’effet inévitable sur la situation sanitaire (de plus en plus fragile !) engendré par des rassemblements qui se déroulent sans le moindre respect des gestes barrière !

Nos policiers, épaulés par leurs confrères belges, ont livré la preuve de leur capacité à protéger la population contre l’expansion de la violence et du dévergondage, et on ne peut que les en féliciter avec enthousiasme et continuer à les encourager à ne pas hésiter à déployer tous les moyens nécessaires afin d’assurer la tranquillité qui nous est due. Reste cependant le problème d’un véritable danger sur le plan épidémiologique généré inévitablement par des ralliements organisés expressément sans aucune précaution d’hygiène, condition pourtant cruciale actuellement !

Ainsi, même sans que des clôtures soient lancées à travers la chaussée, les cortèges d’antivax, anti-masques et compagnie mettent en péril la santé d’autrui.

Kelly Meris Strassen