Même si l’on n’en parle pas officiellement, on ne peut ignorer le fait que dans beaucoup de pays, et pas des moindres, la crise sanitaire est en train de se transformer en profonde crise sociale.

Les finances publiques sont essorées dans quelques pays à cause d’une politique d’endettement tous azimuts dont a bénéficié le gotha de l’économie. La France, par exemple, a établi un record en affichant une dette publique de 113 % du PIB en 2021.

Or, en réalité, ce sont indubitablement les salariés et leurs familles qui continuent à souffrir le plus pendant la pandémie qui ne fait que traîner. Les inégalités sociales qui existaient déjà avant la crise sanitaire d’une façon plus ou moins visible selon les pays, se sont creusées sous la couverture des mesures sanitaires.

On ne doit pas attendre l’explosion sociale avant d’agir, il est encore temps d’apporter les réponses politiques adéquates. Il faut renforcer et étendre les conventions collectives afin que de plus en plus de salariés puissent en profiter.

Le phénomène des travailleurs pauvres, qui touche avant tout les femmes, est en pleine expansion au sein de l’Union européenne, le Luxembourg inclus, même si officiellement on n’en parle que rarement. Le moment est venu d’agir sur le plan social, la pandémie n’est pas un prétexte valable pour rester inactif, au contraire. Il ne faut pas oublier que les acquis sociaux ont dû être conquis. Ils ne sont pas tombés du ciel une nuit de Noël, et une crise comme celle que nous traversons en ce moment démontre à quel point cette lutte a compté et comptera encore pour le monde salarial !

Edouard Kutten