Même si pendant la campagne électorale O. Scholz s’est affiché comme le réformateur social, la réalité de la politique de coalition a désillusionné beaucoup d’électeurs de gauche. Ch. Lindner, président du FDP, était très clair sur le sujet, l’Allemagne pratiquera une politique centriste et libérale qui ne fera pas virer le pays vers la gauche. Cette coalition inédite empruntera donc des chemins bien battus.

U. von der Leyen se dit enchantée du fait que l’Allemagne se veut plus européenne. A. Baerbock, ministre des Affaires étrangères, veut « injecter plus d’Europe dans la politique étrangère ».

Macron, ce son côté, se fait le chantre d’une Europe militairement forte à côté de l’OTAN. Von der Leyen a toujours « rêvé » d’une Europe, à lire Union européenne, présente et puissante dans le monde. Macron ne ratera pas une occasion pour embellir le bilan de son quinquennat en se servant de sa présidence du Conseil européen à partir du 1er janvier 2022.

Avec seulement 11,5 % des suffrages, le FDP de Ch. Lindner (SPD 25,7, les Verts 14,8 %) est non seulement l’aile droite de la coalition, mais inofficiellement le parti du grand patronat. Ce n’est pas un hasard que Lindner soit devenu le « grand argentier » de l’Allemagne fédérale. Et par-là les patrons se sont rassurés. Il tiendra la cassette face aux exigences sociales d’O. Scholz qui d’ailleurs ne s’est pas opposé à cette attribution de poste. Il aura toujours l’excuse qu’il n’y a pas grand-chose à faire sur le terrain social à cause de la politique budgétaire de Lindner. Scholz a déjà joué le « rôle de Lindner » sous Merkel, sauf que les déficits de la politique sociale furent attribués à celle-ci.

Lindner veut en finir avec la politique d’endettement, il préconise le respect des critères classiques de stabilité. N’empêche qu’il y aura toujours des finances disponibles pour relancer les grosses boîtes, quant aux revendications sociales, ce n’est pas le moment. Le retour à la stabilité budgétaire voulu par Lindner est un camouflet pour les endetteurs comme Draghi, Macron, etc.

Ce début d’une phase de désendettement signifie hélas aussi que les contribuables seront priés de passer à la caisse, ce qui est contraire à toute politique d’équité sociale !

Edouard Kutten