Tenter le grand dépassement par la droite, voilà le défi lancé par la droite traditionnelle autour de V. Pécresse en France. Doubler à droite est dangereux, car contradictions et populisme réactionnaire guettent. En 2006, Pécresse, la « Jeanne d'Arc » de la « bonne » droite traditionnelle fil l'éloge du métissage dans « Le Monde ». En 2021 ce sont les accents identitaires qui priment dans ses discours. Elle ne transige plus sur l'immigration et sur des mesures de sécurité plus strictes. Elle se donne en contrepartie plus libérale en matière d'économie et très large d'esprit et tolérante dans le maniement de la laïcité. La dernière, selon elle, ne doit pas devenir un obstacle pour la France croyante.

En 2015, Pécresse s'était associée à la « Manif pour tous » et en 2021 elle fustige contre la « déconstruction » de la société chrétienne. Elle ne cesse de dénoncer l'effritement des modes de vie. Se disant « chiraquienne » elle est devenue « fillioniste » par la force des choses.

E. Zemmour a mis la pression sur la droite traditionnelle. Voilà pourquoi Pécresse a aussi fait son voyage de « pèlerinage » en Arménie, car il faut par tous les moyens briguer les voix des 400.000 électeurs français d'origine arménienne, et au-delà toucher la communauté catholique à qui les médias « ad hoc » font croire que le sort des chrétiens de l'Orient est entre les mains du prochain président de France.

Cela prouve à nouveau que pour la droite traditionnelle le fait religieux continue à être une arme politique. Il n'est donc pas étonnant que Pécresse se soit faite la championne des racines chrétiennes de la France et de la civilisation européenne.

L'Eglise catholique de France n'est pas restée sans réagir à cet appel. Ainsi le secrétaire général de l'épiscopat de France voudrait-il que chaque candidat à la présidentielle se prononce « sur ce qui pourrait réparer le pays éprouvé ». Attention à la trappe.

L'on se croit revenu en 1940 lorsque le général Weigand indiquait la voie à suivre. « Tous les malheurs de la Patrie viennent du fait que la République avait chassé Dieu de l'école. Notre premier devoir sera de l'y faire rentrer ».

La société laïque et démocratique sait donc à quoi s'en tenir. A Salon de Provence (le 6.01.2022) Pécresse se disait prête à sortir le « Kärcher » de la cave s'il le fallait

A droite, en « avant toutes » !

Edouard Kutten