Un échantillon du déclin de la civilité, faisant de notre pauvre capitale son triste témoin involontaire, fut de nouveau observable samedi, le 15 janvier 2022. Une fois de plus, une horde déchaînée, d’un comportement de plus en plus démesuré, formée de contestataires des précautions sanitaires, parsemée d’anarchistes de tous genres, tenta d’envahir les rues et les boulevards, armes pyrotechniques à l’appui. Preux, forts, stoïques, nos policiers lui firent barrage. Insultés, cibles d’attaques verbales et physiques, ils n’ont pas fléchi. À la vulgarité et à la bassesse des injures des manifestants, ils ont opposé leur dignité.

Honte à ceux qui oseraient seulement remettre en question pendant le plus bref instant la justesse de leur rigidité face aux fauteurs de troubles ! Les accusations fréquentes de « violences policières » ayant poussé comme des mauvais champignons sur le terrain des mouvements victimaires - parmi lesquels se rangent les antivax et leurs consorts - il est urgent, face à une vague plus radicalisée de semaine en semaine, de s’unir en toute solidarité derrière nos forces de l’ordre. Grâce à leur persistance, la ville haute fut épargnée de nouvelles émeutes, au grand bonheur et soulagement des clients et surtout des commerçants, déjà que trop lésés par les dérangements répétitifs générés par les foules de perturbateurs du samedi.

Cependant, aucun quartier de la capitale ne devrait être la scène de déferlements comme les groupements anti-restrictions en imposent aux riverains, boutiquiers, piétons et automobilistes de la capitale avec une régularité éprouvante. On se retrouve ici devant un assaut contre l’ordre public qu’il s’agit impérativement de freiner sans la moindre indulgence déplacée. Il faut prévenir qu’une certaine lassitude ne s’installe parmi la population et que le spectacle de déferlements furieux ne devienne une réalité acceptée. Car c’est là que réside le véritable danger : que la résignation s’enracine, qu’on renonce, tout simplement, à fréquenter certains endroits de la ville le samedi, qu’on s’accoutume à planifier son congé de fin de semaine en fonction des manifestations qui empêchent l’utilisation de certaines parties de la zone urbaine. Il ne faut pas, en aucun cas, que le chaos et le tumulte mutent en « nouvelle normalité ».

Ainsi, le temps n’est plus aux demi-mesures : Nous qui aimons notre ville ; citadins et visiteurs ; montrons-nous intransigeants et réclamons une répression sans faille de ceux qui s’approprient la voie publique par la violence ; acclamons notre Police Grand-Ducale sans aucune retenue ; appelons-en aux autorités compétentes de n’hésiter aucunement à déployer tous les moyens possibles afin que la Ville de Luxembourg, déjà trop fragilisée par une criminalité croissante et toutes sortes de maux, ne se transforme en site de sauvagerie. Et surtout, ne cédons pas à naïveté de croire qu’une fermeté inébranlable n’eût pas toujours été la seule issue.

Kelly Meris

Strassen