En 2021, le Luxembourg dépassait son quota énergétique qui marque l’épuisement de ressources énergétiques le 19 février. En haut lieu l’on envisageait de prendre les mesures nécessaires pour remédier à cette évolution.

Or, rien n’a changé, au contraire, en 2022 le jour du dépassement fut le 14 février, c’est-à-dire 5 jours plus tôt. Le Luxembourg vit dès à présent à crédit énergétique. Il se classe 2ème derrière le Qatar. Il n’y a pas de quoi pavoiser. Il faudrait plus de 8 planètes terre pour que le monde vive au rythme du Luxembourg (cf. Essentiel, 15.02.2022). Mais cela ne dérange pas grand-monde. Ce n’est pas un problème écologique apparemment.

Dans les milieux politiques et économiques on espère atteindre le million d’habitants au plus vite. Le 1er janvier 2020,  626.128 personnes vivaient au Grand-Duché, soit 12.214 de plus qu’en 2019 (cf. Statec). Une augmentation de 2 %. Cette croissance est surtout le résultat d’une forte immigration, 47 % des habitants ont la nationalité luxembourgeoise. Le Statec prédit une continuation de l’accroissement de la population. Avec une croissance économique de 4,5 %, la population atteindrait 1,2 millions d’habitants en 2060, 1,1 millions avec une croissance économique de 3 % et le million avec 1,5 %. Si la population continue de croître de 2 % par an, en 2040 le pays comptera déjà 1 million d’habitants.

Ils consommeront tous de l’énergie, car même la voiture électrique en a besoin. Mais apparemment ce problème ne préoccupe pas non plus. Quant aux logements, il y en aura pagaille, à la Cloche d’Or, par exemple, 600.000 m2 attendent d’être « bétonnés ». L’on construit plus haut et plus volumineux. En attendant les prix de l’immobilier au Luxembourg galopent et entraînent un endettement « à vie » pour beaucoup d’acquéreurs d’un domicile.

Ceux qui n’ont pas les moyens de rester, émigrent en Meurthe et Moselle ou dans la proche province du Luxembourg en Belgique, comme l’on fait déjà beaucoup de nos compatriotes, qui pourtant ne comptent statistiquement pas dans les classes défavorisées, mais « moyennes ».

A l’avenir il n’y aura pas seulement des problèmes d’ordre énergétique, mais aussi d’ordre sociétal, car le clivage dans la population vivant au Luxembourg ne fait que grandir.

Cependant les responsables du gâchis énergétique ne se trouvent pas parmi les plus démunis, car la précarité énergétique devient de plus en plus une réalité coûteuse pour beaucoup de nos concitoyens.  Et ce n’est que le début … !

Edouard Kutten