L’illettrisme est le mal silencieux dont on ne parle que rarement. Il n’est pas « réservé » aux personnes âgées, il fait son apparition dans des catégories d’âge de plus en plus jeunes. Il y a un lien direct avec le décrochage scolaire que l’on constate dans de nombreux pays de l’Union européenne. Le Luxembourg n’est pas exclu. En 2018/19 on notait officiellement 512 décrocheurs âgés entre 16 et 18 ans. En 2019/20 il y en avait 578 et en 2020/21 647.

Prolonger l’obligation de la fréquentation scolaire à 18 ans n’est pas la solution. L’accompagnement individuel de l’élève est insuffisant dans l’enseignement public, faute de moyens financiers. L’école publique risque de devenir le triste reflet de la société inégalitaire et élitiste.

Or la mission de l’enseignement public n’a pas changé. Elle doit, entre autre, permettre à l’ensemble des élèves d’accéder à une culture commune à caractère éclairé. Il faut mettre fin au déclassement intentionnel de l’enseignement public vis-à-vis du privé, un fait que l’on peut constater dans bon nombre de pays. Cette fissuration des jeunes au niveau scolaire se répercutera plus tard sur l’évolution sociétale.

A l’âge du numérique, l’école publique est confrontée à un défi énorme, continuer à transmettre culture et savoir à tous les élèves en rendant par-là l’école plus égalitaire.

Ça vaut le coup d’y investir !

Edouard Kutten