La légitime défense au lieu d’une déclaration de guerre et les efforts pour la paix, voilà un sujet de réflexion lié au bien-fondé et donc aussi à l’avenir de l’ONU ? L’auteur du livre Mon Manifeste pour la Terre et le fondateur de Green Cross International, à savoir Mikhäil Gorbatchev, un homme de bonne volonté (que les pays dits de l’ouest ont soutenu et dont ils se sont servi), le porte-parole de la transparence (glasnost) et de la réorganisation sociale (perestroïka) en vue d’une relance économique axée sur l’ouverture à un monde relationnel, Mikhäil Gorbatchev ne cesse de nous répéter que la Terre est une, que l’Humanité est une et qu’il nous faut joindre nos forces pour vivre dans la paix et sauvegarder le Monde. Les enjeux environnementaux sont tellement importants (changement climatique, rareté des réserves d’eau douce, potable…), que toutes les nations doivent s’unir et s’entraider en vue d’un « avenir plus sûr, plus juste et plus humain » (https://www.un.org/fr/chronicle/article/vers-un-avenir-plus-sur-plus-juste-et-plus-humain, à lire).

On n’a pas le droit d’agresser ou d’attaquer autrui, de violer la souveraineté d’un pays et d’en maltraiter les gens, de dépasser les bornes du droit international tout en exigeant des autres, témoins mondiaux, un strict laisser-faire, une complicité involontaire.

Personne n’a le droit d’agresser ou d’attaquer autrui, mais n’a-t-on pas pour autant le droit sinon le devoir d’éviter, de repousser ou de parer des attaques de la part d’un agresseur, parer (all. : abwehren) signifiant clairement autre chose qu’attaquer (all. : angreifen) ? On n’a pas le droit de faire la guerre, mais n’a-t-on pas pour autant le droit sinon le devoir de s’opposer à la guerre et ses crimes ? On n’a pas le droit de provoquer des conflits, mais n’a-t-on pas pour autant le droit sinon le devoir de les contrecarrer et de les arrêter en respectant rigoureusement le principe de la proportionnalité et du bon sens, façon de faire appel à la conscience et raison de toutes les parties concernées ?

Observer un agresseur maltraiter des innocents, c’est une catastrophe. Agresser l’agresseur, ce n’est pas le chemin à suivre, c’est une voie impraticable qui ne fait qu’aggraver les choses. S’opposer à l’agression, neutraliser des interventions homicides et interdire des crimes de guerre, riposter à des agressions par des mesures de défense et de protection (et rien que par de telles mesures), considérer la guerre comme inacceptable et la désapprouver en lui refusant le champ libre, protéger un espace aérien contre des rapaces en acier, n’est-ce pas là ce sur quoi les Nations Unies (ONU) se sont accordées et ce sur quoi elles devraient toujours s’entendre unanimement, question d’évidence ?

Loin de passer à l’offensive, car il ne faut pas faire la guerre, il s’agit de défendre la paix contre ce qui ne va pas, contre la folie guerrière. Il faut refuser de souffrir ou de subir la guerre. Pourquoi permettre à des guerres d’avoir lieu comme si elles n’étaient pas interdites ? Les forces de l’ONU, ne devraient-elles pas servir l’humanité à se défendre contre des agressions belliqueuses et la terreur de puissances menaçant la paix ? Il n’est pas question de provoquer des conflits, il n’est pas question de vouloir et de chercher la confrontation, il ne s’agit pas d’attiser la haine ou d’opprimer autrui ! Mais n’est-il pas dans l’intérêt commun de s’avertir mutuellement des mesures défensives (à l’opposé de toute volonté d’invasion) nécessaires en cas d’infractions contre la sécurité / souveraineté étatique et contre la paix internationale / mondiale ? Il faut ne vouloir du mal à personne. Si l’agresseur d’aujourd’hui sera l’agressé de demain, il aura les mêmes droits à la protection communautaire / internationale que l’agressé d’aujourd’hui. Vouloir la paix, c’est en effet ne vouloir que la justice pour tout le monde, c’est ne vouloir exclure personne de la communauté internationale, c’est promouvoir la rhétorique de la sécurité, de la protection, de l’intégrité et de la communauté contre celle de la guerre, de l’animosité, de l’exclusion ou de la mise à l’écart, de l’oppression et des injustices. La paix est une question de prudence, de sobriété et d’égard mutuel qui ne tolère ni les violations ou violences intentionnelles, ni la retenue permissive.

L’approche ne peut pas être de se faire des reproches, mais de chercher à vaincre la guerre par la paix, ensemble. Pour sortir vraiment vainqueur d’une guerre, il n’y a que la possibilité de vaincre contre la guerre. Ne pas s’acharner dans une culpabilisation conflictuelle sans issue, mais s’ouvrir à des aveux et des efforts relationnels, voilà ce qui devrait aboutir à une entente sans failles.

Être une puissance nucléaire, cela a) ne dispense bien sûr pas de tous les devoirs et b) ne donne pas droit à tout, voir e. a. les articles 33 (chapitre VI, Règlement pacifique des différends) et 39-42 ou 51 (chapitre VII, Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression) de la Charte des Nations Unies (ONU). De toute façon, le recours à l’arme nucléaire est inadmissible, ce n’est vraiment pas une option !

Il faut que toutes les nations se redéclarent unies contre la guerre et pour la paix. Qui pourrait en effet vouloir autre chose qu’un monde relationnel au lieu de conflictuel, un monde d’alliances au lieu de divisions et de sanctions, un monde en construction au lieu d’un monde détruit, un monde libre au lieu d’opprimé ? L’honnêteté ne peut que faire taire les armes d’un commun accord.

Marc Gilniat (Eppeldorf)