La « règle des fléaux » s’est confirmée lors de la pandémie au Luxembourg, malgré le fait que le premier nommé est toujours considéré comme l’un des pays les plus riches de l’Union européenne.

Cette règle veut que ce sont les plus modestes qui sont touchés le plus lors d’une épidémie. Le Statec a mené une étude qui a démontré de gros écarts entre les différentes classes de la société en ce qui concerne la structure familiale, le niveau d’éducation à la bonne santé, les conditions de logement et de travail. Ces inégalités ont entravé l’accès aux soins sanitaires pour beaucoup.

C’est surtout la médecine préventive qui a pris un coup pendant la pandémie. Elle est devenue très sélective, ce qui est dû au fait que dans bon nombre de pays elle se retrouve « grande oubliée » et « enfant pauvre » des politiques publiques de santé. Celles-ci sont trop souvent axées sur une « logique curative et hôpital-centrée ». Il est prouvé que les dépistages précoces permettent pourtant de faire des économies sur des soins évitables.

Rien n’y fait, on se contente du strict minimum de dépistages. Le dépistage est devenu une affaire d’assurances spéciales. Une évolution qui rend l’accès aux dépistages inaccessible à toute la population. La privatisation croissante sur le marché très concurrentiel de l’assurance-santé ne fera qu’accentuer les inégalités.

La prévention accessible à tous est la base de tout système de santé public. Quoi qu’il en coûte !

Edouard Kutten