Le 24 février 2022 le monde a changé.

Les bisounours se sont réveillés surpris - beaucoup d'entre eux reconnaissant entretemps s'être lourdement trompés dans leur vision du monde - alors que d'autres se voient malheureusement confirmés dans leur analyse géopolitique des dernières années.

Vladimir Poutine qui avait déclaré naguère que la chute de l'URSS a été „ la plus grande catastrophe géopolitique du siècle dernier „ a laissé tomber définitivement le masque et a agressé un Etat souverain européen situé à quelques heures de vol de notre pays.

Les pays européens - France, Royaume-Uni et depuis dimanche dernier également de manière forte et claire l'Allemagne et tous les autres - agissent de manière coordonnée et solidaire pour apporter à un Etat et surtout à un peuple une aide sur les plans militaire,économico-financier, logistique et humanitaire, ceci ensemble avec les États-Unis d'Amérique et beaucoup d'autres à travers le monde.

La liberté n'a pas de prix mais elle a un coût et il est louable que nous agissions de la sorte, le peuple ukrainien étant obligé de verser son sang pour défendre son indépendance.

Beaucoup de défis nous attendent si nous voulons sauvegarder notre modèle de société démocratique et libérale.
Un premier pas a été franchi par la renaissance d'une solidarité forte entre les pays de l'Union européenne et l'acceptation du fait que nous vivons dans un monde hautement instable. Ensemble avec nos partenaires de l'OTAN nous devons renforcer nos capacités militaires, ceci non dans un but agressif mais pour nous permettre à l'avenir de mener une politique diplomatique crédible. Toute diplomatie présuppose en effet la mise en place d'un rapport de force si elle ne veut pas se limiter à faire appel à la bonne volonté des uns et des autres.

D'autre part, une souveraineté énergétique doit devenir un but primordial de nos sociétés, sachant que ceci sera une oeuvre de longue haleine nécessitant des investissements conséquents, des efforts de nous tous et donc un changement de mentalité afférent. De même devons-nous nous préparer à accueillir à brève échéance un nombre important de réfugiés fuyant la situation catastrophique dans laquelle est plongée leur pays.
Sans une Europe forte - non pas uniquement sur le plan économique mais aussi sur les plans politique et militaire- notre avenir sera sombre dans un monde chahuté.

Le président Poutine a peur du modèle démocratique européen alliant libertés individuelles et succès économique.
Le peuple russe qui a souffert de guerres atroces au cours du siècle dernier aspire lui aussi à vivre dans une société libre en mesure de développer une base économique et sociale lui permettant de vivre dans la paix et dans la dignité.
Il faut que la guerre en Ukraine soit la dernière guerre de Poutine. Regardons la réalité en face et agissons en conséquence.

Paul Junck, Senningerberg