C’est de la jonglerie dangereuse à laquelle se sont laissés entraîner les pays de l’OTAN en suivant les Etats-Unis d’Amérique dans la livraison effrénée d’armes à l’Ukraine au risque d’être accusés de cobelligérance.

Les Etats-Unis d’Amérique ont investi 20 milliards de dollars jusqu’à présent dans des livraisons d’armes à l’Ukraine, un business à ne pas négliger, il rapporte plus que l’aide humanitaire. Le budget américain de la Défense dépassera en 2023 les 800 milliards de dollars, ce qui est supérieur aux budgets de Défense réunis de la Chine, de la Russie, de la France, de l’Inde et du Royaume-Uni. Pris dans l’engrenage, on continue à marcher sur une ligne de crète.

Beaucoup de politiciens ont oublié que dans la pratique de cette guerre en Ukraine aussi bien les intérêts que les risques des pays de l’Union européenne, voire de l’Europe, ne sont pas les mêmes que ceux des Etats-Unis d’Amérique. Ainsi, au lieu de vouloir une revanche économique et politique sur la Russie, qui est restée pour beaucoup le successeur de « l’URSS mal aimée », et de pousser Poutine dans les derniers retranchements, il serait plus productif d’essayer, en impliquant l’Ukraine, de trouver une sortie de cette guerre.

Une politique revanchiste vis-à-vis de la Russie, telle que les Etats-Unis d’Amérique la pratiquent en voulant éliminer par-là un concurrent à l’hégémonie mondiale, n’est pas la solution.

Il y a une différence entre aider l’Ukraine et vouloir punir la Russie. Cette fuite en avant rapproche d’ailleurs l’OTAN dangereusement de la cobelligérance. Or, à la fin de cette guerre l’Union européenne devra cohabiter avec la Russie qui, jusqu’à preuve du contraire, continuera à faire géopolitiquement partie de l’Europe !

Edouard Kutten