Une cause aggravante de l’inflation serait la faiblesse de l’euro, la monnaie unique, face au dollar. Une évolution dont on ne parle guère, mais bientôt il y aura parité. L’affaiblissement de la monnaie unique aura des répercussions sur tous les pays. Depuis 2021 l’euro a déprécié de 13 % face au dollar. Il y a une hausse de 8,6 % du dollar depuis début 2022 face au panier de devises des partenaires commerciaux des Etats-Unis d’Amérique, la hausse du dollar face à la livre Sterling, par exemple, est de 9,7 %.

Il ne faut pas perdre de vue non plus que cette dépréciation vient vraiment à un très mauvais moment, car la guerre en Ukraine et les confinements en Chine ont pesé lourd sur la croissance en Europe. Les Etats-Unis d’Amérique sont les seuls à avoir su profiter de la guerre en Ukraine. Une inflation croissante ne ferait qu’affaiblir l’Europe encore plus.

Cela se reflète dans le déficit commercial grandissant de certains pays. La France, par exemple, en est l’exemple par excellence. Son déficit commercial est en train de dériver inexorablement frôlant les 100 milliards d’euros (cf. Figaro-éco, 10.05.2022). Ceci est dû au ralentissement des exportations et à l’augmentation du coût des importations dont les importations en énergie pèsent très lourd. Les répercussions sur l’endettement sont inévitables. Toute l’Union européenne, géant de l’export, affiche un solde négatif exceptionnel.

La BCE a réagi assez tardivement, car elle était complètement dépassée par le niveau record d’inflation dans la zone euro. Il s’agit d’éviter, selon Christine Lagarde, d’être pris dans l’engrenage « prix-salaire ». Pour elle il ne saurait être question d’indexer les salaires, cela n’est « ni souhaitable, ni réalisable ».

De ce fait les revendications sociales vont tomber sur de sourdes oreilles à la BCE qui a fourni par-là une justification à tous les politiciens prêchant l’austérité sociale !

Edouard Kutten