L’affaire « Areva », qu’on a essayé et réussi à taire pendant plus de 10 ans, a éclaté au mauvais moment. Areva, le géant du nucléaire actif au Niger, où il exploite des mines d’uranium, a été mis en examen pour « blessures involontaires par la violation délibérée d’une obligation de sécurité en 2010 ».

Or voilà que les européens, à la recherche de gaz et de pétrole, se remettent à convoiter les ressources africaines. L’Afrique est redevenue une terre de convoitise pour les anciens colonisateurs qui n’ont d’ailleurs jamais été économiquement absents du continent. Les déclarations d’indépendance des pays africains n’ont pas empêché que l’exploitation de leurs ressources par des firmes étrangères continue.

A la recherche d’hydrocarbures alternatifs, le grand pèlerinage des politiciens de l’Union européenne a commencé. Le 22 mai 2022 O. Scholz s’est rendu au Sénégal pour y trouver un accord sur la fourniture de gaz. M. Draghi a envoyé 2 ministres en Angola et en République du Congo pour sonder le terrain. Il ne faut pas oublier que dans tous ces pays les firmes européennes sont déjà à pied d’œuvre. Au Mozambique, par exemple, ENI et Exxon Mobil sont opérationnels pour 2022, Total Energies suivra. Les pays d’Afrique, comme le Sénégal, par exemple, ont un atout, celui de la durée du transport qui est à leur avantage. Il faut 5 à 6 jours pour le transport du Sénégal en Union européen, contre 12 à 15 jours entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

Des milliards sont en jeu. Tous ces « nouveaux » producteurs d’hydrocarbures ne profiteront pas seulement de la guerre en Ukraine, mais aussi d’une hausse potentielle de la consommation devant atteindre le niveau record d’avant 2020.

Les perdants seront les populations indigènes, elles y sont habituées et les nouveaux convoiteurs ne feront pas une exception !

Edouard Kutten