La BCE est au pied du mur. Les experts se sont en effet trompés dans leurs prévisions concernant la croissance et l’inflation. L’inflation prévue à 5,1 % s’élèvera à 6,8 % pour 2022, alors que la croissance restera en deçà des espérances.

Il s’agit maintenant d’écarter le risque d’une nouvelle croissance de la dette. Aux Etats-Unis d’Amérique, face à l’inflation de 8,7 % la Banque Centrale a relevé les taux directeurs pour la 3ème fois, un cas unique jusqu’à présent. La BCE craint que les entreprises très endettées ne soient un risque à cause de leur structure de capital vulnérable. Il faut donc mettre fin aux taux d’intérêts « au plancher » pour pouvoir mieux lutter contre l’inflation.

On risque d’avoir en « zone euro » des disparités en termes de coût d’emprunt entre les différents Etats. Mais l’on a prévu des « accommodements », même si cela entraînera des fragmentations. Il est en effet impensable que des pays surendettés, mais leaders de l’Union européenne, comme la France et l’Italie par exemple, ne puissent continuer à profiter d’un taux d’emprunt préférentiel.

Même au pied du mur, les Etats ne sont pas tous égaux ! Le « fonctionnement » de l’Europe est à ce prix.

Edouard Kutten