Aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a des entreprises qui arrivent à tirer profit de la vague inflationniste. Elles ont le privilège de pouvoir compter sur une clientèle peu concernée par la question du pouvoir d’achat. Une clientèle aisée qui est friande de produits de luxe.

Le chiffre d’affaires dans le secteur du luxe s’envole. L. Vuitton, par exemple, a vu son chiffre d’affaires grimper de 30 % au premier trimestre de cette année. Les transports aériens s’attendent à un bel été et ceci malgré les prix des billets plus élevés. La Lufthansa, par exemple, compte battre son record de passagers sur la période d’été. Les classes mieux loties financièrement sont prêtes à débourser pour un « petit vol au paradis ».

Quant au moins nantis, leur pouvoir d’achat diminue au jour le jour et la désindexation des salaires est à l’ordre du jour des prêcheurs politiciens d’austérité. Au Luxembourg, l’indexation a été provisoirement décalée, en Belgique l’on parle officiellement d’une révision du principe de l’indexation automatique des salaires. Ce serait une mesure nécessaire pour sortir de la crise !? En d’autres mots, son abolition est à moyen terme prévue.

Or ce n’est pas en abolissant l’indexation des salaires que l’on sortira de la crise. Un ralentissement de l’économie s’impose, ainsi qu’une réduction du déficit public, selon P. Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique.

Ce n’est donc pas une politique d’austérité sociale qui changera la donne ! Or, la classe dirigeante n’est pas à un paradoxe près !

Edouard Kutten