En 2002 la monnaie européenne fut mise en circulation avec l’argumentation que l’Union européenne avait besoin d’une monnaie forte au niveau mondial, capable de concurrencer le dollar. Le 12 juillet 2022 l’euro est pour la première fois au niveau du dollar, une parité qui pose question même si, comme tradition le veut, les milieux financiers se donnent rassurants.

En effet, un euro faible ferait bien l’affaire des grandes entreprises « qui fabriquent en euros » et envoient leurs produits dans des pays libellés en dollars. Il s’agit en l’occurrence des secteurs du vin, des produits de luxe, voire de l’aéronautique.

Mais n’empêche que l’Etat, les entreprises qui n’exportent que très peu, ainsi que les ménages vont « payer cher » cet euro affaibli. Les prix de l’énergie sont libellés en dollars et il faudra payer plus pour le gaz, l’électricité et le fioul. Les entreprises énergivores continuent à compter sur une aide financière de l’Etat, surtout si elles sont en relation avec l’aéronautique, voire l’industrie de l’armement.

Un tas d’incertitudes ont rendu l’euro moins attractif, mais c’est surtout le ralentissement économique qui crée problème. Ainsi l’Allemagne, la « locomotive économique de l’Union européenne », a-t-elle pour la première fois depuis 30 ans enregistré un déficit commercial.

Pour stabiliser l’euro l’Union européenne doit trouver la parade à l’envolée de l’inflation. L’on doute que ce soit suffisant de relever les taux d’intérêts de la part de la BCE en imitant par-là la Fed (Réserve fédérale). Car le vrai problème dont on ne parle guère, est géopolitique. L’Europe est plus exposée au conflit en Ukraine que les Etats-Unis d’Amérique. Alors que ce conflit rapporte aux Etats-Unis d’Amérique, il revient cher à l’Union européenne.

Il ne faut pas oublier qu’en période de trouble le dollar redevient une valeur refuge, tandis que l’euro se trouve fragilisé. Ceci aura des répercussions socio-politiques très graves, les classes sociales faibles seront de nouveau les plus pénalisées !

Edouard Kutten