On ne peut nier que les géants de l’industrie et de l’énergie soient sortis plus riches encore de la pandémie et ont su bénéficier de la guerre en Ukraine et du choc énergétique.

Arcelor Mittal (France), par exemple, affiche pour le 1er semestre 2022 un chiffre d’affaires de 44 milliards de dollars, soit une hausse de 23,8 %, Schneider Electric note une augmentation de 16,7 % de son chiffre d’affaires.

Les actionnaires ne s’en plaignent pas, si l’on sait que les grandes entreprises du CAC 40 ont déboursé 174 milliards d’euros en dividende. Quant à l’impôt sur les sociétés, ceci est une autre paire de manche. Selon l’économiste Maxime Combes, Total n’aurait pas payé un sou d’impôt sur les sociétés en France en 2020, par exemple, malgré 10 milliards d’euros de bénéfice.

Nombre de bénéfices sont faits « officiellement » à l’étranger et échappent par-là à l’imposition de leur pays d’origine. Très souvent ces entreprises ont profité de relations diplomatiques complices pour s’établir à l’étranger et l’évasion fiscale est devenue une pratique commune.

La députée socialiste française, Chr. Pirès-Beaune, a osé porter un amendement, soutenu par la NUPES, visant à taxer les profiteurs de la crise. Macron fut sauvé grâce aux voix de « la bonne droite » gaulliste des Républicains. L’argument avancé par les opposants à ce genre de taxes sur les superprofits est que cela est irréaliste et ne s’est jamais fait. Or en 1980, Jimmy Carter avait fait voter aux Etats-Unis d’Amérique le « Crude Oil Windfall Profit Tax » pour ponctionner les profits insolents des compagnies pétrolières qui avaient profité du choc de la « Révolution iranienne ». Le dispositif du projet assorti à dessein de quelques niches fiscales, rapporta néanmoins 38 milliards de dollars à l’Etat américain.

En Belgique, en Italie et en Espagne on a commencé à penser à l’introduction d’une « taxe de solidarité » imposée aux « super profiteurs ». Ce n’est pas une révolution que l’on trame, mais c’est simplement une question de justice.

Les inégalités sociales criantes d’un côté et les profits mirobolants de l’autre empêchent dans quelque pays que ce soit toute cohésion sociétale à la longue !

Edouard Kutten