« Beach festival », « forteresse aux mille feux », « spectacles son et lumières », villes rivalisant à Noël quant à « la plus belle illumination », des « croisières qui s’amusent », une pollution sonore et lumineuse qui n’a gêné personne jusqu’à présent.

Seuls quelques astronomes avaient osé faire des réflexions critiques à ce sujet. Mais ils étaient vite considérés comme des « trouble-fêtes ».

Il ne s’agit pas seulement de la disparition des étoiles au-dessus des milieux urbains due à une multiplication de points d’éclairage, mais de toutes les conséquences pour le règne animal et pour l’homme. Un fait qui est encore aujourd’hui mis « en sourdine ». Or, comme pour la nuisance sonore, la pollution lumineuse provoque des perturbations des rythmes biologiques, du sommeil, entraînant par-là des problèmes cardio-vasculaires, entre autres.

Les politiques sont au courant de ces nocivités, mais l’on vit dans un « monde de fun » et de démesure. En plus l’on se sert de l’argumentation que beaucoup de gens ont peur du noir pour des raisons de sécurité. Le mauvais éclairage dans les quartiers délaissés, que ce soit à Paris, à Londres ou au Luxembourg, n’est pas un hasard. Une Tour Eiffel scintillante, un Tower multicolore et un Kirchberg bien « en couleur » sont là pour rassurer et cacher la réalité. Voilà leur mission.

Les gens n’ont pas peur du noir, ils veulent des infrastructures dignes de ce nom dans tous les quartiers avec des équipements éco-responsables, comme il en a déjà beaucoup sur le marché.

Parler d’irresponsabilité politique dans certains cas n’est pas exagéré sachant qu’on a exposé en connaissance de cause la population aux dangers d’une pollution sonore et lumineuse croissante d’année en année.

Les dilapideurs officiels d’énergie prônent maintenant la sobriété énergétique et appellent au bon sens des citoyens en se servant d’arguments écologiques toujours les bienvenus lorsqu’il s’agit de donner le change.

Mais ils n’auront bientôt plus besoin d’appeler à la conscience écologique de leurs citoyens, car ils seront nombreux à tout simplement ne plus pouvoir se payer l’énergie nécessaire pour vivre ne serait-ce que modestement ! L’irresponsabilité des années passées s’est transformée en catastrophe non seulement écologique, mais aussi économique. Et ce seront, comme toujours, les classes délaissées qui en souffriront le plus !