Les scientifiques ont à différentes reprises insisté sur le fait que les déchets nucléaires représentent un danger pendant des centaines, voire des milliers d’années pour les futures générations. D’où la nécessité de se libérer au plus vite du nucléaire.

Quelques politiciens reprenaient ces revendications, comme par exemple Macron, qui déclarait le 10 février 2017 : « On a un problème de dépendance parce que ce n’est pas bon d’avoir 75 % de notre énergie électrique qui dépend du nucléaire ». Le 27 novembre 2018 il précisa : « Concrètement, 14 réacteurs de 900 MW seront arrêtés d’ici à 2035 ». Et le 10 février 2022 il parlait de « reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France ». A ce moment là il n’y avait pas encore de conflit ukrainien.

Le lobby nucléaire n’a jamais été inactif en coulisses et la guerre en Ukraine devint pour les politiciens la « bonne excuse » pour repenser leur politique nucléaire officiellement. La Belgique et l’Allemagne ont aussi repoussé leur sortie du nucléaire de 10 ans. Il n’y a pas de quoi s’étonner, après le retour en grâce du nucléaire déclaré « énergie verte ». L’AIE (Agence Internationale de l’Energie) prévoit d’ici 2050 un doublement du parc nucléaire mondial. Et les rivalités ont déjà commencé, car il y a un marché « à conquérir » qui est estimé à au moins 300 milliards de dollars.

Il est significatif de devoir constater qu’aux côtés des énergies renouvelables le nucléaire est en train de se tailler une belle part des subventions prévues dans les plans de « lutte pour le climat ». Ceci n’est pas un hasard !

Mais on n’est pas à une contradiction près. Ainsi l’utilisation du nucléaire est officiellement présentée comme un instrument de souveraineté énergétique. Le nucléaire ne fera pas baisser la facture énergétique, au contraire. En ce qui concerne cette souveraineté, il s’agit d’un leurre si l’on sait que sur les 31 réacteurs en construction dans le monde (cf. OCDE) depuis 2017, seulement 4 ne sont pas de conception russe ou chinoise.

Mais soit, le nucléaire est de retour et les affaires « autour de l’atome » ont repris chassant toutes les angoisses au sujet de l’emploi du nucléaire.

Quant aux déchets nucléaires radioactifs … qui vivra verra !

Edouard Kutten