Les logis « vides » ou non habités seront bientôt soumis à une taxe, ainsi que les terrains non bâtis. Accouplées d’un registre national des bâtiments et logements – catalogue nécessaire à la saisie des sols et habitations non occupés – ces mesures forment un des enjeux majeurs de la réforme de l’impôt foncier incluant la mobilisation de terrains et de logements.

Si le droit de propriété subsiste, comme l’a souligné le Premier ministre lors de son discours sur l’état de la Nation, ces règlementations prévues n’en sont pas moins conçues afin d’inciter les propriétaires à vendre ou à louer leurs biens et/ou à faire construire leurs parcelles vierges – dans le but de créer des logements pour une population qui s’agrandit à une vitesse hallucinante.

Sans considérer que cette surpopulation en soi constitue un des maux principaux dont souffre ce pays aux limites territoriales connues ; nos dirigeants, refusant d’envisager des pistes afin de freiner la croissance excessive du nombre d’habitants, ont décidé de défier les classes possédantes. On retrouve bien un discours public dépourvu de toute neutralité, délibérément belligérant, avec un Dan Kersch, député LSAP, utilisant l’expression « faire mal » en évoquant les objectifs de la réforme en question, sur la chaîne radio 100,7, en date du 17 octobre 2022. Ce choix de mots n’est certes pas anodin et rend compte de la pente dangereuse vers laquelle notre communauté entière risque de glisser en opposant les « pauvres » aux « riches » tout en incriminant les seconds.

Rien de plus faux que de diaboliser cette bourgeoisie dite privilégiée qui fait fleurir les commerces, peuple les restaurants et crée des emplois. À part quelques figures du grand banditisme, les personnes fortunées ont amassé leur richesse en s’adonnant à un travail rigoureux, qu’il fût d’ordre intellectuel ou manuel. Cela souvent à travers plusieurs générations. De nombreuses privations ont fréquemment accompagné ce zèle nécessaire à l’accomplissement du dessein choisi. Ainsi, certaines familles se trouvent aujourd’hui à la tête d’un patrimoine témoignant d’une culture de l’effort qu’on a raison de regretter dans une société qui ne cesse de favoriser l’assistanat.

L’usage de biens immobiliers ou territoriaux doit rester d’ordre strictement privé, ne revenant qu’à la décision du seul propriétaire, qu’il en soit l’acquéreur ou l’héritier. Recevoir un capital en héritage ne rend personne moins digne d’en disposer. C’est uniquement envers ses propres ancêtres ou donateurs qu’un devoir moral oblige un successeur à se montrer méritoire. La transmission s’inscrit dans la lignée des valeurs familiales à honorer.

En s’apprêtant à exercer une pression fiscale sur ces particuliers qui jouissent d’un avoir en terres ou domaines, notre gouvernement réalisera un geste d’une portée symbolique néfaste : La réussite financière ne sera plus un modèle à ambitionner. Un nouveau pas vers le déclin de la civilité.

Kelly Meris

Strassen