Ce défi concerne l‘enseignement dont certains politiques veulent se servir pour exporter une image positive de leur système d’éducation.

Mais, comme en France par exemple, l’enseignement public reste confronté au manque d’enseignants qui n’a jamais été aussi flagrant. En lettres classiques, il y a un manque de 43 % d’enseignants, en physique chimie 33,3 %, en mathématiques 31,5 %. On a improvisé sur la formation pédagogique des quelques aspirants. Le recrutement est bâclé, l’école publique reste l’enfant pauvre de l’enseignement.

La France a donc besoin de réhabiliter sa renommée en matière d’enseignement. Ce défi incombe aux lycées français de l’étranger (comme au Luxembourg, par exemple), c’est à eux de « maintenir le prestige ». « Il y va de la stratégie d’influence et de rayonnement », a déclaré E. Macron (cf. Figaro, 27.10.2022). Il s’agit de recruter au plus vite des enseignants, et si possible, les meilleurs si l’on veut réussir cette mission de service public d’éducation doublée d’une mission diplomatique.

Un défi qui a son prix. Autour de 10.000 personnels titulaires sont détachés, expatriés. Ils ne sont pas confrontés aux affres quotidiennes de leurs « collègues » restés au pays. Une élite d’enseignants pour une future élite ?

Le rayonnement de la culture française est à ce prix. Les subventions étatiques pour ces établissements oscillent entre 300 et 400 millions d’euros. L’enseignement n’est pas gratuit au lycée français A. Dumas à Moscou, le prix d’inscription est de 6.000, - euros par an et de 7.000, - euros pour les Russes. A New-York, au lycée fondé en 1935, les frais de scolarité s’élèvent à 33.000, - dollars, « all inclusive » !

Entretemps les élèves et enseignants du public en France et autre part continuent à se débrouiller du mieux possible dans un enseignement délaissé à dessein.

En tout cas, se servir des élèves pour faire de la promotion politique pour son pays frôle l’indécence dans ces conditions !

Edouard Kutten