La BCE a fait savoir qu’elle fermera encore un peu plus les vannes de crédit (cf. La Libre Belgique, 28.10.2022). Cela a fait augmenter les appels à l’aide publique des entreprises industrielles. Et ils ont été entendus, ainsi l’Etat français, par exemple, s’apprête-t-il à payer une partie du coût d’électricité aux grandes entreprises.

Nul ne se pose apparemment la question sur l’efficacité des soutiens gouvernementaux en période de crise. « Reconstruction Finance Corporation » a fait une analyse très approfondie sur la crise de 2008 aux Etats- Unis d’Amérique. Mais l’on a toujours préféré ne pas trop parler des conclusions de cette analyse du TARP (Troubled Asset Relief Program).

Elles sont pour le moins mitigées. On a constaté que ces aides ont permis aux détenteurs d’obligations d’entreprises de garder leur « magot » intact. Les entreprises qui disposaient des meilleures connexions avec le monde politique avaient le plus de chance de profiter des aides publiques. Mais il ne s’agissait pas toujours des entreprises qui avaient vraiment le plus besoin d’aides. Un triste constat est celui que les firmes assistées n’eurent pas toujours les meilleurs résultats.

Cela fait penser aux nombreuses entreprises « zombies » qui ont survécu « grâce au covid », c’est-à-dire avec l’aide d’argent public, alors que bon nombre n’étaient déjà pas viables avant la pandémie.

Cette « ultra sponsorisation » sélective pose question. Elle agrandit le fossé entre petites entreprises et « gros calibres » créant un climat d’incertitude peu propice à la création de nouveaux emplois, ainsi qu’à la sauvegarde des acquis sociaux !

Edouard Kutten