Cette défiance à laquelle les pays riches et dominateurs de la planète se trouvent confrontés à Charm el-Cheikh, n’est pas un saut de mauvaise humeur de la part des pays émergents du tiers monde, mais cette rupture de confiance est la conséquence des agissements des gros pays industrialisés.

Il s’agit d’une question de justice climatique. Le continent africain, par exemple, est responsable à peine de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il est compréhensible que les pays du Sud demandent des comptes aux pays industrialisés. Le fait que l’Europe renoue avec le charbon pour pallier le « recul du nucléaire », n’est pas fait pour rétablir la confiance.

Or les pays en développement subissent de plein fouet les conséquences de la catastrophe climatique alors qu’ils y ont le moins « contribué ».

En 2009, lors du sommet de Copenhague, les pays riches avaient promis de débloquer annuellement 100 milliards de dollars pour aider les pays pauvres à se développer en limitant leurs émissions en CO2. Or, l’OCDE a constaté que la contribution fournie se limitait, par exemple, à 83,3 milliards en 2020.

La vulnérabilité des pays pauvres face au changement climatique est le reflet des inégalités dans le monde. Or la création d’un outil de financement spécifique auquel ces pays vulnérables pourraient avoir accès n’est pas du goût de tout le monde. Les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne y sont carrément hostiles ! Selon eux le « plan vert » pour le climat devrait suffire. Il ne faut pas oublier que ceux qui en ont profité n’étaient pas tous des pays pauvres !

Le changement climatique et ses conséquences est devenu un problème sociétal au niveau mondial où dominent hélas encore les égoïsmes des pays riches et pollueurs !

Edouard Kutten