Les cas de COVID19 augmentent au Grand-Duché, annonçant au pire une nouvelle vague d’infections. Paradoxalement, le Centre de Vaccination d’Esch-Belval vient de fermer ses portes, en raison du peu d’affluence dont il jouissait.

Avec un taux de vaccination de 79% (population vaccinable), une couverture vaccinale efficace fait défaut. Est-il nécessaire de préciser que des omnibus et des trains remplis de passagers majoritairement non-masqués et des lieux publics accessibles sans le moindre contrôle sanitaire constituent de vraies sources d’infections ?

Alors que les autorités ont renoncé à maintenir les principales mesures de protection, chaque résident bénéficie pourtant, depuis le mois d’octobre 2022, de la possibilité de se faire attribuer un deuxième vaccin de rappel. Ce privilège était jusqu’à cette date réservé aux personnes âgées de plus de 60 ans. L’opportunité citée ne fut cependant que très peu médiatisée. Si une campagne de vaccination a eu lieu, elle est passée inaperçue. Aucun panneau, aucune publicité pour promouvoir la faveur offerte, de sorte que de nombreux concernés n’en ont pas profité, faute d’être au courant.

Le virus, de son côté, continue à sévir et à emporter des vies.

Si on ne meurt pas que du virus, mais également « avec » le virus, ce dernier contribue certes à affaiblir l’organisme et à rendre un patient moins résistant envers d’éventuelles autres maladies contre lesquelles il lutte. Cette précision ridicule « mort du ou avec le virus », témoigne d’une lâcheté politique née de la volonté de tout soumettre à un relativisme déplacé, voire dangereux face à la menace d’une maladie mortelle.

Il en est de même de la circonstance, tant diffusée par la presse (douteuse et sérieuse), qu’une personne vaccinée puisse transmettre le coronavirus. Oui, un sujet vacciné est encore contagieux, mais il l’est beaucoup moins ; la vaccination ayant diminué sa charge virale. Ce n’est pas un détail dans un contexte pandémique.

Le gouvernement semble avoir été réticent dès le début à mettre toutes les chances du bon côté afin de réduire au minimum le nombre d’infections. Restrictions successivement levées trop tôt, inspection approximative des gestes barrière, abandon de l’obligation vaccinale, réduction du temps d’isolement – voilà autant de décisions défavorables à une suppression ciblée du COVID19.

On n’a eu cesse, dès qu’une infime baisse du nombre d’infections était perceptible, de miser sur la « responsabilité individuelle » d’un chacun et de se contenter de recommandations. Cette stratégie s’est incontestablement révélée être un échec ; nul ne peut plus le nier désormais. Contre tout bon sens, elle fut appliquée de façon répétitive, entraînant chaque fois une hausse considérable de cas positifs. Il est évident qu’une liberté de mouvement sans limitation n’est justifiable qu’à partir du moment où une couverture vaccinale complète est atteinte. En attendant, on meurt toujours du COVID.

Kelly Meris , Strassen