C'était une illusion que de croire que la mondialisation fasse disparaître tout protectionnisme. La mondialisation n'a fait que le bonheur d'une élite. Et cette élite reste prête à revenir au protectionnisme s'il le faut.

Ce sont les déficits commerciaux qui ont pris des proportions vertigineuses d'un côté et la force montante de quelques pays émergents qui ont déclenché l'alarme. Les Etats-Unis d'Amérique ont décidé de protéger leurs intérêts, le protectionnisme est un réflexe américain qui a ses traditions.

Ainsi sa partie d'aide à la transition énergétique privilégiant les productions locales du plan d'investissement américain prévoit 370 milliards de dollars. Les Européens peuvent dénoncer le protectionnisme américain « new-look », le fait est que les Etats-Unis d'Amérique décident d'une seule voix ce qu'il faut protéger, tandis que les pays de l'Union européenne essaient de s'y mettre à 27.

Cela n'a pas empêché E. Macron de parler, lors de sa visite aux Etats-Unis en ce début décembre, « d'une coopération incroyablement étroite entre les Etats-Unis d'Amérique et leur plus vieil allié, la France ». Macron avait amené dans sa « suite » quelques industriels et grands patrons du CAC40 à la recherche d'une « petite niche négligée » par les Etats-Unis d'Amérique. Ils espéraient que les Etats-Unis pourraient leur consentir quelques exemptions sur le modèle mexicain et canadien.

Une chose est claire, selon Macron « l'Union européenne et les Etats-Unis d'Amérique sont fortement alignés sur les objectifs politiques et militaires ». Il ne reste plus qu'à mieux coordonner et synchroniser la coopération économique.
Or le protectionnisme, de par sa définition, exclut tout partenariat à pied d'égalité ... !

Edouard Kutten