Alors que les instances politiques européennes se félicitent des mesures prises en matière énergétique qui devraient permettre de passer cet hiver sans trop de problèmes, la consommation de gaz de l’Union européenne aura finalement baissé de 10 % à la fin de cette année.

Mais cette baisse est due plutôt à une baisse de la production qu’à des gains d’efficacité. Voilà pourquoi, selon l’A.I.E. (Agence Internationale de l’Energie), vu l’absence prévisible de livraisons de gaz russe, l’Europe risque d’être exposée à une pénurie de gaz l’hiver prochain.

D’après l’A.I.E. en 2023 la Norvège livrera 88.000 milliards de m3, l’Afrique du Nord 37, le Royaume-Uni 15, l’Azerbaïdjan 12, les Etats-Unis 139 et l’Union européenne 47 milliards de m3. Ce qui fera un total de 395 milliards de m3. Il y aura ainsi 57 milliards de m3 non couverts sur les 410 nécessités.

Il ne faut pas perdre de vue que le marché énergétique en général pourrait se tendre en 2023 si la Chine relançait son activité économique, entraînant par-là une augmentation de ses importations en GNL. Elle constituera un rude concurrent pour l’Union européenne vis-à-vis des exportateurs de GNL.

Les responsables de l’Union européenne ont trouvé en attendant un accord sur le plafonnement des prix du gaz nonobstant les accords entre différents pays. Ursula van der Leyen pourtant n’a rien perdu de sa « superbe » : « Il faut voir grand et faire vite », selon elle (cf. Figaro-éco, 13.12.2022). Quant à son « fonds de solidarité », garantissant des investissements dans l’énergie au niveau de l’Union européenne, il n’existe pour le moment que sur le papier.

Faute de mieux on se contentera d’inventer des plans d’urgence le cas échéant !

Edouard Kutten