Si on peut applaudir une politique migratoire qui s'annonce plus restrictive, le pire s'est toutefois concrétisé dans certains points clés de l'accord de coalition du nouveau gouvernement. L'esquisse du plan d'études prévu pour l'enseignement fondamental fait froid dans le dos. Les objectifs envisagés qui se veulent innovatifs (motivation, communication, créativité, bien-être etc.) baignent dans un esprit qui n'est pas sans rappeler la faillite de la pédagogie post soixante-huitarde. L'adieu à l'excellence semble scellé par cette conception de l'éducation qui prouve que la transmission du savoir n'est plus le but de l'école.

Sur la voie de la décadence morale, le législateur autorisera la procréation médicalement assistée par une femme seule. Ainsi sera soutenue la création de familles instables ou du moins d'un équilibre fragile, car en manque du pilier important constitué par le père. Malgré tous les efforts engagés à établir une vision dite progressiste de la famille, on ne peut nier l'évidence qu'un enfant a besoin de ses deux parents.

Triste couronnement de l'avilissement de la civilisation occidentale qui ne ménage pas le Luxembourg : Le gouvernement, qui se pique de vouloir élargir et promouvoir l'information sur l'euthanasie, ne se découvre malheureusement point le même enthousiasme lorsqu'il s'agit de protéger la vie. Une interruption volontaire de grossesse pourra se faire sans le délai de réflexion de trois jours entre la consultation légale et l'avortement. Inciter les femmes à faire des choix précipités, susceptibles de conséquences d'ordre psychologique graves, ne s'inscrit pas dans une politique humaniste.

Le volet éthique étant donc très décevant, les mesures afin d'encourager les bénéficiaires du revenu d'inclusion sociale à travailler sont cependant à saluer. Néanmoins, il est assez contradictoire de constater que dans le domaine du logement, tout sera mis en place afin d'aplatir les obstacles qu'y rencontrent les petits revenus. Si le coût de l'habitation est certes exorbitant au Luxembourg, de tels accommodements ne contribuent pas à titiller l'ambition.

Le gouvernement Frieden/Bettel ne renoncera pas non plus au bolchévisme en herbe amorcé par ses prédécesseurs. Décidés à harceler les propriétaires de biens fonciers à travers une taxation élevée sur les logements et terrains non-occupés, nos nouveaux dirigeants persisteront, à l'image de leurs devanciers, à faire abstraction du fait que la soi-disant crise du logement n'est due qu'à la surpopulation engendrée par la croissance démographique du pays ; un problème qu'ils continueront ainsi à nier, à alimenter même en accélérant la construction de logements abordables.

Il est à craindre qu'une certaine tranche de la population - possédante, conservatrice - qui fut déjà accablée sous le régime de Gambia, sera désillusionnée par ceux qu'elle a élus dans l'espoir de retrouver ne serait-ce que le reflet de la société plus ordonnée d'antan.

Kelly Meris

Strassen