Pour l’Ukraine
Une démilitarisation complète de la Russie, comprenant la dissolution de son armée ainsi que la destruction de l’intégralité de ses armes lourdes et de sa flotte aérienne et maritime, l’abandon d’une partie de son territoire à l’Ukraine (complémentairement à la restitution des terres ukrainiennes occupées illégalement), la destitution immédiate de Vladimir Poutine en tant que président et la citation de celui-ci devant une cour martiale, ainsi que maintes sanctions financières : voilà à quoi devrait ressembler le « plan » imposé à l’agresseur par l’Europe, au lieu du projet tiède élaboré par les états membres de l’UE, qui n’a d’autre mérite que d’être faiblement supérieur à celui de Donald Trump.
Si l’actualité de ce plan n’était que de courte durée, relevons au moins deux éléments de ce triste produit qui témoigne de la faillite de l’Europe :
Les enfants enlevés et déportés d’Ukraine ne sont évoqués qu’accessoirement dans un des 28 points. Ce crime devrait faire l’objet d’une cause internationale et le retour de ces enfants dans leurs familles constituer la condition première à toute possibilité de dialogue ! Faute de se conformer dans l’immédiat à l’exigence du retour des enfants ukrainiens, la Russie devrait se voir refuser toute négociation potentielle.
Le point mentionnant la réduction de l’effectif de l’armée ukrainienne est honteux. L’armée ukrainienne, dont la vaillance inouïe laisse sans voix, a formé le bouclier de l’Europe depuis le début de l’agression russe. La réduire, la limiter en nombre pour amadouer un criminel de guerre est méprisable. Aucun terme ne semble assez fort pour décrire l’endurance des forces armées ukrainiennes. Jusqu’au-delà de l’épuisement, au prix de leur santé et souvent de leur vie, les soldats ukrainiens, dont le courage n’a pas d’égal, continuent à persévérer dans les tranchées.
Si la Russie n’a pas encore été vaincue militairement, est-ce dû (ou en partie dû) à l’attitude hésitante à pourvoir le pays agressé en matériel militaire ? Si les nations européennes peinent à se réarmer elles-mêmes après des années noyées dans l’idéologie pacifiste, le contenu présent de leur arsenal aurait éventuellement pu servir aux forces armées d’Ukraine, qui se sont révélées très capables d’apprendre à en faire usage. Le désastre dans lequel se trouve l’Ukraine actuellement, aurait-il pu être évité grâce à plus de détermination de la part de l’Union européenne et des États-Unis (ceux du président Biden, avant la tragédie Trump) tout au début de l’invasion russe ? Faute de fournir assez de chars et d’armes à l’Ukraine, un blocus diplomatique, des mesures politiques radicales auraient pu constituer une tentative de saigner la Russie à blanc. (Du gaz russe, bien qu’en faible quantité, est à ce jour importé en Europe !)
L’Europe doit aujourd’hui, enfin, se positionner plus fermement que jamais en faisant le bon choix : celui entre le soutien à un pays assailli et des concessions à un tyran.