Cette semaine a été présentée en grandes pompes l’ASBL Luxdefence dont l’objet social est de « Fédérer les entreprises luxembourgeoises actives dans le domaine de la défense,…, soutenir le développement d’une base industrielle et technologique de Défense Luxembourg au Luxembourg. Participer aux débats d’idées sur les questions liées à La Défense au  Luxembourg… . »

À l’issue de cette présentation, il s’est vite avéré que cette association n’est en fait rien d’autre qu’un organe de lobby industriel visant à autoriser les entreprises luxembourgeoises concernées à produire et à exporter des armes notamment militaires.

La législation luxembourgeoise sur les armes a été récemment modifiée pour aboutir à la loi du 2 février 2022 et ce à travers un parcours d’obstacles à travers les instances.

Connaissant par ailleurs la lourdeur du processus législatif, quelle n’a pas été la surprise de bon nombre de citoyens d’entendre la Ministre de la défense déclarer haut et fort que les instances étaient déjà en train de travailler activement et rapidement sur une refonte législative.

Bref, cette association, soutenue activement en cela par le gouvernement, milite en faveur d’une production d’armes de guerre Luxembourg sous le manteau de la protection de notre liberté et de notre participation aux efforts de défense de l’OTAN.

Or on n’a pas besoin de creuser profond pour se rendre compte qu’il s’agit de rien d’autre que d’offrir à nos industriels de nouvelles sources de revenus.

La présentation de l’asbl n’a-t-elle pas lieu dans les locaux de la chambre de … commerce ( qui qui en est d’ailleurs membre fondateur) ?

Le ministre compétent n’est-il pas le Ministre de l’économie ?

Trouvons-nous parmi les membres fondateurs des associations à buts pacifiques ?

Quand on sait que suivant une récente enquête McKinsey, les états membres de l’OTAN envisagent d’augmenter leurs dépenses de défense de manière significative pour atteindre à l’horizon 2030 le chiffre galactique de 800 ( huit cent) milliards d’euros ( source : »DER SPIEGEL » 47 / 2025,PAGE 85), le but de cette asbl n’est autre que de participer à ce marché et de faire bénéficier leurs actionnaires de cette manne inespérée.

La question est de savoir : est-ce que le Grand-Duché a-t-il vraiment besoin d’une industrie guerrière pour pouvoir se défendre contre des potentiels envahisseurs dont on ignore à l’heure actuelle si dans quelques années ce ne sont pas nos amis d’aujourd’hui qui seront nos ennemis de demain ?

En tout cas, je ne peux qu’exhorter cette association , nos autorités et en particulier nos parlementaires à instaurer, avant tout autre progrès en cause, un « débat d’idées sur les questions liées à la Défense Luxembourg » (cf objet social).

À défaut, le citoyen ne pourra s’empêcher de penser que nous avons définitivement quitté le territoire de la démocratie participative pour aller dans une direction d’une gestion du pays à court terme, cornaqué par des intérêts pécuniers sous prétexte de défense de nos libertés.

Dans cette optique, je milite - et je suis persuadé que je ne suis pas le seul- en faveur du principe « Si VIS PACEM, PARA PACEM ».

Est-ce utopique ?

L’avenir nous le dira, mais ce serait triste et désespérant si nous ne nous engagions pas sur cette piste.

Maintenant !

Jean-Jacques Schonckert