Zanter 2014 ass de Centre Thérapeutique zu Manternach déi eenzeg Plaz, déi eng stationär Therapie fir drogesüchteg Elteren zesumme mat hirem Kand ubitt.

Projet "Parent-Enfant" / Reportage Sabrina Backes

Dëst bis elo awer gemëscht mat aneren Drogenofhängegen. Virun zwou Wochen ass elo e separat Gebai opgaangen, dat exklusiv fir d'Mamme mat hire Kanner reservéiert ass.
Am Géigesaz zu enger konventioneller Drogentherapie, bezitt den Therapiezenter zu Manternach och Puppelcher a kleng Kanner vun de Patiente mat an. Dëst huet engersäits de Virdeel, dass si dann net an en Heem oder an eng Famille d’Accueil mussen. Wéi eng weider Virdeeler eng Therapie mam Kand huet, erkläert d'Michèle Rech, Coordinatrice vum Projet "Parent-Enfant":

"D’Prioritéite vum Projet sinn d’Chance eng Trennung tëscht den Elteren an hirem Kand ze evitéieren. An d’Elteren z'ënnerstëtzen hir Kompetenze weider ze entwéckelen, hir eege Ressourcen ze mobiliséieren, fir déi bescht méiglech Entwécklung vun hirem Kand ze fuerderen an och ze begënschtegen. D’Kreatioun vun engem Stabilitéitsreseau, ronderëm d’Kand a ronderëm d’Elteren."

Bis virun zwou Woche war d’Therapie mat de Kanner am Haaptgebai zu Manternach, wou och aner ofhängeg Persoune behandelt gi sinn. Well dat do awer dacks ze haart an ze hektesch war, sinn d’Fraen elo eriwwer geplënnert an e separéiert Gebai. 4 Zëmmer sinn hei disponibel. Nei ass och, dass si vun enger extra Ekipp mat Assistant Social, Infirmier an Educateur zesumme schaffe kënnen.

Den éischte Kontakt fir kënnen am Projet opgeholl ze ginn, leeft iwwert de Büro vun der «Alternativ Berodungsstell» am Garer Quartier.

"Do kënnen d’Elteren sech dann Informatiounen huelen, dacks gi si do och begleet vum Service Parentalité vun der Jugend- an Drogenhëllef. Si kréien do awer och eng gewësse psychosozial Ënnerstëtzung a mat hinnen zesumme gëtt dann de kierperlechen Entzuch an déi zukünfteg Opnam hei am Therapiezenter planifiéiert."

Fir kënnen opgeholl ze ginn, muss een also verschidde Critèren erfëllen:

"D’Opnamecritère sinn eng reell Motivatioun fir wëllen eng Therapie ze maachen. De Mindestalter vun der Mamm oder vum Papp läit bei 18 Joer, d’Kand sollt en Alter tëscht 0 a 4 Joer hunn, dat heescht en Age préscolaire. De kierperlechen Entzuch virun der Opnam gëtt an engem vun de Spideeler gemaach an d’Eltere sollen eng Krankekeesskaart hunn..."

Ma och schwanger Frae kënnen eng Therapie maachen, de Georges Majerus, Chargé de direction:

"Dat kann eemol sinn, dass eng Fra, déi schwanger ass, déi konsuméiert, sech dozou entscheet eng Therapie ze maachen a sech hëllefen ze loossen. Dat heescht d’Fra kënnt schwanger u sech schonn an d’Therapie. D’Gebuert ass dann an enger Maternité. Duerno kommen d’Fraen dann zréck an den Therapiezenter fir hir Therapie fortzeféieren."

Wärend den Elteren hirer Therapie, ginn d’Kanner an der Woch fir e puer Stonnen an eng Crèche geschéckt. Den Ament sinn zwee Zëmmer vum Projet "Parent-Enfant" besat, zwou weider Frae sti schonns op der Waardelëscht.

Communiqué

Le projet «parent-enfant» du Centre thérapeutique Manternach: la seule chance d’avoir une chance! (19.05.2022)

Communiqué par : ministère de la Santé / Centre hospitalier neuro-psychiatrique (CHNP)

Lors d’une conférence de presse, la ministre de la Santé, Paulette Lenert, et le président du conseil d'administration du Centre hospitalier neuro-psychiatrique (CHNP), Dr Michel Nathan, ont présenté le concept du nouveau projet «parent-enfant» au Centre thérapeutique Manternach (CTM).

En effet, depuis 2014, le CTM reçoit de plus en plus de demandes de parents d’enfants en bas âge pour suivre une thérapie. Au cours de ces dernières années, l’équipe du CTM a également accompagné un nombre croissant de femmes enceintes présentant un problème de dépendance à des substances illicites. Pour répondre à cette demande à la hausse et proposer une offre répondant aux besoins spécifiques de cette population-cible, l’équipe du CTM a développé le projet «parent-enfant». Aussi, le CTM est le seul centre thérapeutique sur le plan national et des pays voisins qui accueille des femmes enceintes et des parents substitués à la méthadone avec leurs enfants.

«Ce programme constitue souvent l’unique chance pour le parent toxicomane de rester près de son enfant et d’éviter une rupture, voire, le placement de l’enfant. Grâce à la convention récemment signée entre la Rehaklinik et le ministère de la Santé, ce projet dispose désormais d’un cadre légal et d’un financement propre, éléments essentiels pour l’amélioration de l’encadrement parent-enfant au sein du CTM», a souligné le Dr Michel Nathan.

La loi actuelle sur l’assurance maladie ne prévoit aucune prise en charge des enfants qui accompagnent leurs parents en thérapie. Dans les pays voisins tels que l’Allemagne ou bien la Belgique, une telle prise en charge existe et la CNS rembourse un tarif équivalent à celui prévu par la loi respective.

Entre 2019 et 2021, 12 femmes ont été accueillies au CTM, dont 10 avec leur enfant et 2 femmes enceintes. L’âge des enfants a varié entre 4 semaines et 3 ans. Actuellement, le centre thérapeutique dispose de 4 places dans le cadre du projet «parent-enfant», une augmentation des capacités nécessiterait obligatoirement un élargissement des locaux.

Actuellement, une mère accompagnée de son enfant passe un mois au CTM pour une phase de stabilisation et d’intégration. Cette phase nous permet de faire connaissance et d’observer la relation parent-enfant. Ensuite les mesures d’encadrement de l’enfant (crèche) et de soutien de parent (services extérieurs) sont mis en place. Cela permet aux parents de participer aux ateliers thérapeutiques, aux groupes psychothérapeutiques, d’avoir des entretiens individuels avec leurs psychologues et d’apprendre à organiser leur vie quotidienne. Ceci dans le but également d’aider les parents à accroître leurs compétences et leurs ressources, et de les appuyer dans leurs efforts de créer pour leur enfant un environnement favorisant son développement à tous les niveaux.

Une deuxième mère a été accueillie récemment, dont le retour de son enfant est en phase de préparation. 2 parents sont actuellement inscrits sur la liste d’attente.

Le CTM collabore aussi de manière étroite avec le SCAS (Service central d'assistance sociale).

«Notre principale préoccupation doit être le bien-être de l’enfant, mais aussi de ses parents. Afin d’éviter le placement de l’enfant dans un foyer ou une famille d’accueil, le SCAS/Tribunal de la jeunesse peut obliger un parent toxicomane de faire une thérapie. Suivre cette thérapie en compagnie de son enfant est doublement bénéfique: elle renforce le lien parent-enfant et minimise le risque de rechute», a précisé la ministre de la Santé, Paulette Lenert.

Grâce au projet «parent-enfant» du CTM, 2 retours d’enfants placés au préalable dans un foyer et une famille d’accueil, ont pu avoir lieu en 2021. «Ce sont des moments précieux comme ceux-ci qui nous démontrent à quel point le lien parent-enfant est bénéfique pour la réussite thérapeutique. L’accompagnement de l’enfant améliore et stabilise le parent dans son programme et le renforce dans son projet de rétablissement», se réjouit Michèle Rech, responsable-soignante du CTM. «D’autant plus, qu’au-delà de la thérapie proprement dite ici au Syrdall Schlass, nous assurons également le suivi des parents et de leurs enfants.» Pour cela, le CTM collabore avec plusieurs partenaires externes, qui assurent le suivi des familles (Service parentalité JDH, Families first, Crèche Kiddies, Rééducation précoce, maternité, etc.) Ce réseau d’aide interne et externe renforce la stabilisation et minimise aussi le risque de rechute.

Le Centre thérapeutique Manternach pour personnes dépendantes de substances illégales est une unité de la Rehaklinik du CHNP et peut accueillir jusqu’à 25 personnes, suivant éventuellement un traitement de substitution à la méthadone.

L’équipe multidisciplinaire offre une prise en charge thérapeutique individualisée, adaptée aux besoins spécifiques de la personne dépendante avec le but d’augmenter, dans la mesure du possible, la qualité de vie et de permettre une vie autonome et abstinente.